La sorcière au dragon – chapitre 10


Ça me fit tout chaud que mon humain, Arnaud, prononce mon nom à haute voix.

Après avoir bien mangé, nous retournâmes en vol et je lui fis découvrir toute l’étendue de mon royaume. J’en profitai également pour voyager entre les mondes. Pas trop, juste un petit aperçu de mes capacités. Nous voyageâmes quand même pendant un certain temps. J’en profitai aussi pour le présenter à certains de mes congénères, des grands et des petits, les meilleurs représentants de mon espèce. Mais pas tous, nous sommes quand même un certain nombre et puis, quelques-uns d’entre-nous ne sont pas très fréquentables, du moins pour les humains.

Nous volâmes par mont et par vaut. Cela faisait déjà quelques semaines que je le promenais partout avec moi et un jour que nous nous prélassâmes sous le soleil d’une verdoyante prairie, Arnaud ne disait rien, mais tout sur son visage exprimait des paroles à venir. À le voir ainsi hésiter, je pris la parole.

  • Alors qu’est-ce qu’il y a ? Si tu as quelque chose à dire, dis-le tout simplement. Je pensais que nous avions dépassé le stade de la gêne entre nous.
  • Oui… oui… en effet, j’aimerais aborder un sujet avec toi.

J’attendis la suite avec patience.

  • Cela fait déjà plusieurs semaines que nous voyageons, me dit-il. Tu sais aussi que j’ai une compagne qui m’attends depuis plusieurs mois maintenant et que mon Roi attend mon rapport.
  • En effet.
  • Tu te rappelles le but de ma mission première ?
  • Trouver l’âme de la Déesse ?
  • Oui c’est cela, je devais retrouver l’âme de la déesse sorcière.
  • Bon et bien, tu l’as trouvé puisque je suis là près de toi et que nous voyageons ensemble depuis des semaines.
  • Je devais aussi rapporter cette âme au Roi.
  • La rapporter au roi ? Quel roi ?
  • Le mien, celui de mon royaume.
  • Chez les humains tu veux dire ?
  • Oui.
  • Ah bon, lui répondis-je d’un ton neutre, car je ne savais pas du tout où il voulait en venir.

Nous fûmes silencieux tous les deux quelques instants.

  • En fait, ce que je veux te dire c’est que je veux que tu m’accompagnes jusqu’à mon royaume pour que je te présente à mon Roi.

Je me levai debout et le regardai de toute ma hauteur.

  • Tu veux que je t’accompagne chez les humains ? Mais qu’irais-je faire chez les humains ? Les dragons n’ont pas de place dans votre royaume. Nous sommes trop grands, trop forts, trop ombrageux, nous mangeons trop et nous avons la fâcheuse tendance à cramer les choses qui ne font pas notre bonheur ou au contraire ce que nous avons envie de manger. Pourquoi diable irais-je avec toi chez les humains ?
  • Et bien… parce que… mon Roi l’a exigé de moi tout simplement et que je dois l’exiger de toi. Ne sommes-nous pas unis et liés ? Ne devrais-tu pas vouloir tout ce que je veux ?
  • Et tu penses que les dragons obéissent comme ça au doigt et à l’œil des humains, que nous faisons tout ce qu’ils disent simplement parce qu’ils l’exigent ? dis-je avec un éclat de rire tonitruant.

Pour faire bonne mesure, j’en rajoutai un peu. Les dragons ne sont pas des êtres soumis, mon Arnaud devait comprendre cela.

  • Pour qui te prends-tu petit d’homme pour ainsi parler à un dragon ? Un dragon avec qui tu t’es lié qui plus est. Ne reconnais-tu pas la grandeur, la majesté et la magnificence des dragons ? Il est hors de question que j’aille me pavaner et faire le freluquet à la cour de ton petit roi.
  • Je suis Ceridwyn le dragon. On m’appelle le Brasier infernal, la Mort qui rôde dis-je haut et fort, et je ne vais certainement pas aller baiser les petits pieds d’un roi humain, même si tu penses que tu lui dois allégeance.

La mine d’Arnaud se déconfit. Je le vis qui se fermait. Je commençais à bien le connaitre. Il était obstiné et têtu, comme moi d’ailleurs, et n’aimait pas qu’on lui refusa des choses qu’il pensait essentielles ou importantes. Je me tus et le regardai mâchouiller un brin d’herbe avec un soupçon de colère et de dépit dans ses yeux. Puis il se leva debout et commença à ramasser ses choses.

  • Que fais-tu ? lui dis-je.
  • Je m’en vais. Visiblement, tu ne veux pas venir avec moi voir mon Roi et moi, il faut bien que je retourne chez moi un jour ou l’autre. Peut-être que je ne pourrai pas offrir l’âme de la déesse sorcière au Roi, mais au moins, je pourrai lui dire que je l’ai rencontré. Qu’elle existe belle et bien et qu’elle se porte maintenant comme un charme. J’ai été ravis de faire ta connaissance et de te sortir de ta torpeur. Porte-toi bien et peut-être nous reverrons nous un jour ou l’autre.

Sur ce, il me tourna le dos et parti en direction de la forêt toute proche. Je le vis se tailler un chemin dans le bosquet puis disparaitre dans les profondeurs du bois.

Je me recouchai dans l’herbe et attendit. J’étais certain qu’il reviendrait. Là il était un peu en colère et boudeur, mais il reviendrait, oui c’était certain. Qui donc abandonnerait un dragon de tout façon ? Personne n’aurait cette impudence. On ne renie pas ainsi le cadeau d’une déesse. Et puis, bien que nous ne fussions pas si loin de son royaume humain, mais cela faisait quand même une sacrée trotte à pied. Je fus patient et j’attendit… quelques minutes seulement. La patience n’est pas mon fort je dois l’avouer. Je me sentais gronder et grogner et je n’étais plus capable de me tenir en place. Alors je m’envolai pour me dégourdir et évacuer un peu ce trop de plein de… Je montai haut dans le ciel, fit des ronds, des cabrioles et des piqués. Puis je reviens dans la clairière, je ne voulais pas manquer Arnaud s’il revenait. Je voulais qu’il voie mon air accueillant, mais tout de même avec un brin d’indifférence à son départ, de même qu’à son retour. Je voulais lui montrer qu’il n’avait pas tant de prise sur moi, après tout j’étais un dragon et les dragons ne se laissent pas amadouer si facilement. Je fini par me coucher pour absorber les derniers rayons du soleil et j’attendis.

Un jour et une nuit passèrent. Je devais me rendre à l’évidence. Arnaud ne reviendrait pas. Visiblement il était aussi buté… qu’un dragon. Je grognai et tournai un peu en rond dans la clairière ne sachant trop que faire. Je grognai encore, piaffé d’impatience et d’insatisfaction. J’en profitai pour incendier un arbre. Juste un, je ne voulais pas incendier la forêt au risque de faire du mal à Arnaud s’il y était encore. Les humains avec leurs petites pattes marchent si lentement.

Ah et puis tant pis ! Que ce petit homme aille au diable ! me dis-je. J’étais dragon après tout et je n’avais pas besoin d’un humain encombrant qui n’était pas foutu de me respecter. Pppfffttt comme si l’on pouvait commander un dragon ! Tu parles, non mais quelle arrogance il avait eu ! Exiger quelque chose d’un dragon. Inconcevable ! Si jamais il me venait à l’esprit de me plier à son commandement, à me soumettre à son exigence, je serais la risée de toute ma fratrie, de mon espèce, que dis-je une honte pour toute ma lignée d’illustres ancêtres ! C’était absolument hors de question ! Qu’on n’en parle plus.

Et sur ce, je pris mon envol pour aller manger un morceau et faire le tour du ciel. Plus j’y repensais et plus j’étais en colère. Comment avait-il pu exiger de moi une telle chose alors que nous étions liés par le cœur et l’âme ? Tellement en colère que je brulai une bonne partie d’une forêt, une autre beaucoup plus loin. Tellement en colère que je mangeai un troupeau de boucs sauvages au complet. J’atterris sur le bord d’une falaise et je mangeai avec rage les quelques chèvres des montagnes qui me restaient entre les griffes. Je croquai les os et arracherai la chair avec hargne et je n’y pris aucun plaisir. Tellement que ces maudites chèvres me restèrent sur l’estomac pendant quelques heures.

Après un certain temps, je revins dans la clairière où Arnaud m’avait abandonné, oui, oui abandonné pour retourner chez lui en solitaire… Il m’avait laissé seul. J’étais encore d’humeur boudeuse et hargneuse, mais je sentais une pointe d’amertume qui se faisait de plus en plus grande dans mon cœur. Je grognai, écœuré de moi-même et crachai un jet de flamme.

Finalement, je soupirai profondément et m’envolai dans la direction qu’Arnaud avait pris.

Pendant ce temps quelques quarante kilomètres plus loin, Arnaud marchait d’un bon pas dans la forêt. Dès qu’il avait mis les pieds dans le bois, il avait rapidement repéré un sentier. Au début il pensait que c’était les traces régulières de la faune locale, mais il semblait bien que non. Probablement plus un chemin fait par des chasseurs, cueilleurs de champignons ou pire quelques brigands en maraude. Il se savait encore loin du royaume et encore plus de la cité du Roi, mais il pensait bien y parvenir d’ici une semaine de marche, peut-être moins s’il trouvait un cheval. Et encore moins s’il avait pu y aller à dos de dragon. Décidément, quelle mouche l’avait piqué celui-là ? Tout ce qu’il voulait c’était que Ceridwyn l’accompagne jusqu’à… bon ok, il devait bien se l’avouer. Il ne voulait pas vraiment que le dragon l’accompagne, mais plutôt l’offrir au Roi afin d’accomplir sa mission.

Plus il y repensait et plus il se sentait stupide et oui… un peu perdu au fond de lui. Était-ce bien sage d’offrir un dragon à un roi ? Quel usage son roi allait-il en faire ? Allait-il le mettre en laisse comme un chien ? Le garder dans un donjon ? L’utiliser pour anéantir le pays voisin ? Le donner en cadeau à la reine ou au prince héritier ? Lui faire arracher le cœur, les griffes ou les écailles pour les mettre dans une potion d’immortalité ou d’invincibilité concoctée par le magicien de la cour ? Le dragon allait-il mettre le pays à feu et à sang aussitôt que quelque chose le contrarierait ? Irait-il manger tous les troupeaux des environ pour assouvir la moindre de ses petites fringales ? Lui Arnaud allait-il laisser le roi ou le magicien faire du mal au dragon ? Pouvait-on vraiment apprivoiser un dragon ? Le dragon se laisserait-il faire, se laisserait-il si facilement amadouer par un autre humain que lui Arnaud ? Et surtout, lui Arnaud, méritait-il vraiment d’avoir un dragon ou plutôt d’être lié à un dragon ? Il avait fait des choses dont il avait honte, il n’avait pas toujours été à la hauteur de son titre. Il n’était pas chevalier, loin de là. Il pensait faire de son mieux la plupart du temps, mais parfois, il devait bien se l’avouer il n’était pas mieux que les ennemis que son roi l’envoyait combattre ni mieux que la racaille qu’il avait du parfois appréhender. Malgré tout cela, un dragon s’était lié d’amitié avec lui, Arnaud, un humain.

  • Ceridwyn c’est pourtant uni à moi, puis-je ensuite me permettre de le donner à quelqu’un d’autre ? En serais-je capable ? Peut-on vraiment posséder un dragon ou vous offre-t-il son amitié et son amour comme une épouse ou un ami très cher vous donne ses sentiments ? se demanda Arnaud.
  • Ahhhh…. Ceridwyn…, dit Arnaud dans un soupir de contrariété.

Sur ce, Arnaud fit demi-tour et reparti en direction d’où il était venu. Il voulait revenir vers le dragon d’excuser et le quitter sur de meilleures dispositions, car après tout, oui il devait retourner dans son royaume, mais il ne voulait pas être fâché avec Ceridwyn.

Tant de pensées et de réflexions se bousculaient dans sa tête et aussi dans son cœur, il devait bien l’admettre. Tout compte fait, même s’il allait grandement décevoir le roi, Arnaud se dit qu’il faisait bien de quitter le dragon. Il n’aurait pas supporté que le roi ou le magicien ou même les villageois lui fassent du mal. Il… il… oui il aimait le dragon, il devait se l’avouer. D’un amour-amitié pur et sincère. Cela expliquait pourquoi il n’avait pas insisté, pourquoi il ne l’avait pas amadoué pour qu’il vienne avec lui jusqu’au palais et pourquoi il était soudainement parti sans un regard en arrière. Il avait voulu ainsi s’éviter ainsi, de même qu’au dragon, moult désagréments et mauvaises surprises.

Après avoir tourné en rond un certain temps, une incohérence qu’Arnaud ne s’expliquait pas puisqu’il n’avait fait que suivre le sentier tout le long, il fini par repérer un passage qui menait vers la clairière. Il dut se débattre avec des ronces au point de devoir sortir son épée pour se frayer un chemin, puis il déboucha sur la clairière encore très ensoleillée.

Arnaud sorti de sous les arbres et avança dans la prairie. Elle était vide. Le dragon était parti. Son dragon était parti. Son ami était parti. Arnaud était seul. Seul. Seul. Il ressenti une grande douleur dans le cœur. Comme s’il avait été percé par une épée brulante. Au point tel qu’il en tomba à genoux.

Il comprit que le dragon aussi l’avait laissé partir et cela le chagrina. Bien que cela soit lui qui ait quitté le dragon, Arnaud se senti immensément abandonné de voir que Ceridwyn n’était plus dans la clairière et que lorsque Arnaud l’avait quitté, le dragon n’avait pas fait un pas, n’avait pas craché une flamme, n’avait pas dit une parole pour le retenir. Ceridwyn l’avait juste laissé partir comme cela. Plus il y pensait et plus son cœur se serrait. Arnaud était triste. Oui tellement accablé que son cœur en fut submergé. À genou par terre, il enfouit son visage dans ses mains et il pleura. Il pleura le départ d’un être aimé, d’un être lié à son cœur et son âme. Tout cela était de sa faute, il aurait dû mieux formuler sa demande. Lui demander de le déposer près de la cité et de lui offrir une écaille ou une griffe en guise de preuve qu’il aurait offert au roi et ensuite ils auraient pu tous les deux retourner chevaucher le ciel. Il aurait même pu le présenter à sa femme, mais tout cela était fini, c’était trop tard. Il n’aurait même pas su comment retourner à la grotte du dragon. Arnaud se sentait terriblement seul et abandonné. Il se sentait trahi que son dragon l’ait renié à la première contrariété.

Après quelques minutes, il cessa de pleurer, s’essaya les yeux et se releva. Voilà c’était fini, c’était tout, il fallait faire avec. Pleurer encore pendant des heures et des jours ne ferait pas revenir le dragon. Il retourna dans la forêt. Il marcha longtemps. Quand il fit trop noir pour marcher, il grimpa dans un arbre pour être à l’abri des prédateurs, car il n’avait rien sur lui pour faire un feu. À l’orée du jour, il fut réveillé par le chant des oiseaux. Il reprit sa marche en se nourrissant de petits fruits qu’il trouva en chemin. Il marchait d’un bon pas, tout en s’arrêtant de temps en temps pour se reposer et observer le ciel… espérant secrètement y voir le dragon. Dragon qui bien entendu ne se montra pas, pas même le bout de la queue. En fin d’après-midi, Arnaud consulta sa carte. Une des rares choses qu’il n’avait pas laisser sur son cheval. Selon sa carte, il croiserait un petit village d’ici une heure ou deux et de là, il pourrait surement emprunter un cheval au nom du Roi et arriver ainsi plus rapidement à la cité.

  • Mais à quoi bon se dépêcher puisque de toute façon Ceridwyn n’est pas avec moi, se dit-il avec amertume.

Pendant ce temps-là, Ceridwyn cherchait Arnaud du haut du ciel.

Lorsqu’Arnaud s’était mis à pleurer, je l’avais senti. Mon cœur avait tressailli et j’avais failli m’écrouler en plein vol. Mon Arnaud était mal, je sentais sa détresse comme si c’était la mienne. Qui donc lui voulait du mal ? Qui donc l’attaquait ainsi ? Heureusement pour moi, je me rendis rapidement compte qu’il était tout à fait hors de danger, mais simplement assaillis par la tristesse. C’était ce sentiment qui m’avait fait revenir au plus vite à la clairière, bien que quand j’y arrivai, Arnaud n’y était pas.

Je l’ai attendu et comme il ne revenait toujours pas, je parti à sa recherche. Son absence m’attristait et j’avais une envie pressante de le rejoindre, de le retrouver coute que coute. Il me fallut quand même quelques heures pour le retrouver. Les humains quoi qu’on en dise et bien que mon Arnaud soit un jeune guerrier fringuant et en plein santé, vu du ciel, ils se ressemblent tous.

  • Enfin !, me dis-je. Je te retrouve petit humain cher à mon cœur.

Je le voyais qui marchait sur une route de campagne poussiéreuse. Mis à part mon Arnaud, personne dans les alentours. Parfait, comme ça on ne verrait pas arriver des fermiers avec leurs pics et leurs fourches pour tenter vainement de me chasser de leur pâturage.

Haut dans le ciel, j’étais complètement silencieux. Je le dépassai pour faire un demi-tour et plongeai en piqué pour aller atterrir à quelques mètres à peine devant lui. Mon atterrissage fut du plus bel effet, tout en silence et avec grâce. Autant que pouvait l’être un dragon de plusieurs tonnes évidemment. Sous la brusque bourrasque de vent causée par ma descente, Arnaud s’abrita de ses bras du mieux qu’il put.

Puis il me regarda droit dans les yeux et… souris jusqu’aux oreilles.

Ah que je fus heureux de ce sourire. Mon cœur s’emplie de joie et mes écailles devinrent de la couleur des opales sous le soleil. Arnaud courut vers moi et me pris comme il put dans ses bras.

  • Tu es revenu ! Tu es revenu !, ne cessait-il de me dire.
  • Oui, oui. Impossible de faire autrement. Tu es mon âme, on ne laisse pas ainsi partir son âme.
Artiste – Ciruclo (image prise sur Facebook)

2 réflexions sur “La sorcière au dragon – chapitre 10

  1. Aragonne,

    J’ai adoré ton histoire, comme à chaque fois cela me donnait l’impression de faire parti de l’histoire. Je suis certain que tu as vécu de ces histoires avec les dragons, et moi aussi tu sais, j’ai déjà reçus la visite de dragons. C’est bon de se retrouver au coeur d’une histoire qui t’emporte et qui te rappelle tes autres vies.

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