Les guerriers du chaos – Volume 1 – L’amulette d’éternité – Chapitre 6


Les guerriers du chaos – Volume 1 – L’amulette d’éternité

Chapitre 6

Danak et Yana réapparurent devant le magasin par lequel ils étaient entrés dans cette aventure.

  • Enfin de l’air pur. J’ai horreur d’être prisonnière entre quatre murs.

Yana huma l’air du soir.

  • Ouais, pour l’air pur, on repassera, le quartier des bouchers ne doit pas être bien loin, ajouta-t-elle. Viens, on retourne à l’auberge.

Sans plus attendre, la jeune femme s’élança d’un pas rapide.  Danak la suivit sans un mot.

En ouvrant la porte de sa chambre, Yana s’arrêta net. Danak fut à deux doigts de lui rentrer dedans.  Elle se retourna rapidement et lui mit sa dague sous la gorge.

  • Combien de fois devrais-je te répéter de ne pas me suivre d’aussi près. Un de ces jours, je ne ferai ni une ni deux et tu te retrouveras la gorge tranchée en train de te vider de ton sang.
  • Désolé, fit-il et il recula d’un pas.
  • Croyais-tu entrer avec moi dans ma chambre, sombre idiot ?
  • Bien… je croyais… enfin…, dit Danak en rougissant.

Yana le regarda droit dans les yeux, puis elle le détailla de la tête au pied avec un regard froid, mais concupiscent.

  • Va prendre un bain et reviens plus tard. J’ai horreur d’avoir des hommes sales dans mon lit.

Yana pénétra dans sa chambre et referma la porte derrière elle. Danak encore tout étourdi par cette subite invitation, alla prestement dans la chambre voisine et entreprit de faire sa toilette avec le plus grand soin.  « Et bien et bien. Ce corps me sera utile finalement.  Voilà bien longtemps que je n’ai pas fait subir les derniers outrages à une dame.  Une dame…», pouffa-t-il, «Mais qu’est-ce que je dis là.  Non pas une dame, mais MA dame». Et il éclata d’un grand rire sonore, qui aurait pu paraître sinistre à une oreille plus attentive, mais personne n’écoutait à part quelques rats dans les murs qui semblaient bien trop pressés d’aller gruger une chambre à des lieux de celle-ci.

Avant de monter à sa chambre, Yana avait demandé à l’aubergiste de lui faire préparer un bain avec tous les parfums, huiles et autres substances nécessaires à la restauration de sa peau de pêche ensevelie sous d’épaisses couches de crasses. On a cogna à sa porte. Nul doute que son bain était prêt. Elle alla ouvrir et deux gros et grands hommes entrèrent en traînant avec eux une énorme bassine remplie d’eau fumante.  Une toute jeune fille, à peine pubère, les suivait de près. Ses bras étaient surchargés de serviettes, gant de crin, éponge, huiles parfumées et autres accessoires et bouteilles dont Yana avait hâte de connaître le contenu.  Elle avait généreusement payé l’aubergiste pour qu’il lui ramène toutes ces choses, peut-être trop même, mais avec la cassette magique que lui avait donnée le vieillard, elle avait voulu se vautrer dans le luxe, chose qu’elle ne s’était pas permise depuis fort longtemps. Une situation engendrée par les hauts et les bas de la vie de mercenaire. Les deux hommes déposèrent la bassine près de l’âtre qui diffusait une douche chaleur dans la pièce. Yana leur lança une pièce d’argent chacun et ils sortirent de la pièce en faisant une révérence. Seule la fille resta près du feu. Yana la regarda de plus près. Elle était toute menue et petite. Ses longs cheveux bruns retombaient sur ses épaules et les lueurs du feu leurs donnaient des reflets d’or et de cuivre. Elle avait un joli petit nez retroussé et des taches de rousseur plein le visage. «Hum, en voilà une que j’aimerais bien garder à mon service», se dit malicieusement Yana. La jeune fille déposa les serviettes sur une chaise et les diverses bouteilles près de la bassine.

  • Vous pouvez vous déshabillez maîtresse, l’eau est suffisamment tiède maintenant, dit-elle en trempant sa main.

Puis elle déplia une grande serviette, la maintint devant Yana et tourna timidement les yeux. Celle-ci ne se le fit pas dire deux fois. La mercenaire se déshabilla rapdement, puis se glissa dans la baignoire avec délectation. La jeune fille replia la serviette et versa plusieurs gouttes de différentes huiles et parfums dans l’eau chaude.

  • Comment t’appelles-tu ma belle ?
  • Iris, maîtresse.

La jeune Iris pris une éponge et entrepris de laver le corps superbement musclé et tout en courbe de la guerrière. Elle rêvait d’avoir un corps comme elle lorsqu’elle serait pleinement femme. Yana ferma les yeux et se laissa laver par la jeune fille. Pour ce faire, Iris ne sélectionna que les savons les plus doux. Ne sachant pas quel type de peau et de cheveux aurait sa cliente, Iris en avait apporté de plusieurs sortes. Des shampooings et des savons au blé, à la bière, aux herbes du jardin, aux fleurs, aux fruits, ainsi que des huiles parfumées douces et tendres, fortes et musquées, rafraîchissantes, reposantes, énergisantes et d’autres pour activer l’ardeur sexuelle au cas où sa cliente recevrait un amant cette nuit. Yana prit soudainement le poignet d’Iris. La jeune fille ouvrit de grands yeux et eut un mouvement de recul de peur d’avoir offensé sa cliente d’une quelconque façon. Yana ayant toujours les yeux fermés lui dit : « J’ai besoin d’un savon fort et rude pour enlever toute cette crasse.  Puis tu changeras l’eau de la bassine et tu me laveras une seconde fois avec cette fois-ci des savons doux et tendres pour la peau. Je veux que celle-ci soit douce au touché et parfumée avec une odeur qui rendra fou les hommes qui me sentiront. Tu feras de même pour mes cheveux, je te pris.  De plus, entre les deux eaux, tu me masseras pour enlever le stress et la tension que j’ai accumulés durant la journée. J’ai besoin de me détendre».

La jeune fille fit donc de faire ce que Yana lui avait ordonné.  Elle commença par les cheveux ternes et sans vie de Yana. Elle lui fit couler doucement de l’eau sur les cheveux, puis lui lava délicatement la tête. La mercenaire se laissa faire docilement. Il y avait tellement longtemps qu’elle n’avait pas eu de tels soins. La dernière fois, c’était à la cour du Seigneur Thornak. Dommage qu’elle n’y soit pas restée plus longtemps, même si elle savait fort bien qu’elle n’était pas faite pour ce genre de vie. Elle aimait trop les batailles et l’aventure. Thornak l’avait rapidement remarqué parmi tous les soldats de son armée, car elle faisait partie de ses guerriers les plus vaillants et de surcroît la plus belle femme qu’il avait côtoyée depuis longtemps, bien plus belle que les femmes plutôt timorées de son sérail et de sa cour en général. Le Seigneur Thornak avait rapidement réussi à la mettre dans son lit. Il s’était avéré que son ardeur au combat, n’avait que d’égal que son ardeur au lit. Yana devint sa favorite. Cependant bien qu’elle fut tentée quelque temps par cette vie uniquement centrée sur le plaisir, elle en avait rapidement eu assez de ne rien faire d’autre de ses journées que d’attendre le bon plaisir de son seigneur. Après trois mois de ce régime, elle avait pris ses affaires et s’en était tout simplement allée. Elle avait une âme de guerrière, pas celle d’une demoiselle de la cour et encore moins d’une esclave sexuelle, ce qu’elle était en définitive devenue au sein du sérail.

Le Seigneur Thornak avait bien essayé de la retenir, il avait même mis quelques-uns de ses guerriers à ses trousses pour la ramener, mais sans succès.  Par ailleurs, voir revenir ses cinq guerriers, chacun sur leur cheval respectif, mais sans leur tête, lui avait fait l’effet d’une douche froide. Il s’était donc persuadé qu’après tout il y avait bien assez de femmes dans son harem. Une de plus ou de moins ne devrait pas faire une grande différence. Parfois, il valait mieux laisser les chats sauvages en liberté plutôt qu’enfermés dans un zoo. Il n’avait pas tellement envie de ne pas se réveiller un matin ou pire encore, de se réveiller avec une partie essentielle de son anatomie masculine en moins.

Après plusieurs mois à courir par mont et par vaux, à traîner dans des quartiers mal famés, des déserts, des jungles, des forêts et autres lieux où l’on était constamment sale, Yana ressentait le plus grand bien à se faire enfin dorloter. De plus, une partie de jambes en l’air dans un lit propre et douillet ne lui ferait pas de tort non plus. Elle espérait seulement que Danak soit un bon amant et qui aime les acrobaties et non les positions endormantes de femme soumise, ce qu’elle n’était certainement pas.

Iris lui lava et lui frotta ardemment le corps pour faire partir toute la saleté. Après plusieurs minutes, l’eau du bain devint trop sale et trop froide pour continuer de s’y baigner. Iris fit lever Yana et l’enveloppa dans une grande serviette, puis elle l’aida à l’étendre sur le lit. La jeune fille héla dans le couloir les deux hommes qui avaient apporté la bassine pour qu’ils viennent changer l’eau. Pendant le changement d’eau, elle massa le corps de la guerrière avec les huiles parfumées qu’elle avait apportées. Malgré sa petitesse, Iris massait bien, étant à la fois douce et forte lorsqu’il le fallait.

Yana se laissa masser et dorloter. Elle voulait profiter le plus possible de ce temps de repos, car les prochains jours s’annonçaient plutôt chargés et elle n’aurait que bien peu de temps et de disposition pour sa toilette quotidienne. Après deux heures de soins, Iris termina ses services. Les deux hommes revinrent prendre la bassine et la jeune fille quitta la pièce également, laissant Yana seule avec elle-même.

La jeune femme s’étendit sur le dos, complètement nue. Le lit était très confortable.  Le feu était toujours allumé et il faisait chaud dans la pièce. Yana se questionna sur les actions qu’elle aurait à prendre bientôt.  Une fois qu’elle aurait l’amulette entre ses mains, quels mauvais tours le vieux singe brandira-t-il pour l’obliger à lui remettre le précieux talisman ? C’était assurément quelqu’un de très résistant et sournois. Il avait résisté au mot de la mort de Raasniito.  Elle devait prendre garde à lui.  De toute façon, il était clair que l’amulette était extrêmement puissante et qu’une fois en sa possession, elle n’aurait sûrement pas de difficulté à réduire le vieil homme en cendres.

Et Danak, qu’allait-elle faire de lui ? Déjà, il lui répugnait de devoir partager le butin avec lui et il était hors de question de partager également l’amulette. Cependant, elle devait bien s’avouer qu’elle le trouvait distrayant. Elle était seule depuis longtemps, ne comptant que sur elle-même pour subvenir à tous ses besoins. Elle ne le regrettait pas, car c’était la vie qu’elle avait choisie. Si elle avait voulu être continuellement entourée, elle serait restée à la cour du seigneur Thornak.  Là-bas tous ses besoins auraient été comblés pour le restant de ses jours, mais partager la couche d’un homme avec les autres femmes de son harem ne l’intéressait pas particulièrement. Quoiqu’elle aurait certainement pu s’arranger pour être la seule. La vérité était qu’elle avait un besoin profond de liberté et ne supportait pas les chaînes que les femmes doivent habituellement porter lorsqu’elles restent trop longtemps avec le même homme. Les hommes de son monde finissaient toujours par asservir leurs femmes par les nombreux enfants, la tenue de la maison et elle ne savait quelles autres activités de servitude.

D’une manière où d’une autre, elle allait devoir se débarrasser de Danak.  Elle voulait bien partager sa couche pour se désennuyer et retirer du plaisir de ses caresses, mais il était hors de question, qu’elle partage le pouvoir et la richesse avec lui. Elle voulait accéder seule au sommet et après seulement, elle déciderait quels hommes lui baiseraient les pieds. Yana songeait à tout cela le sourire aux lèvres. Perdu dans ses rêveries et ses désirs de puissance et de gloire, elle n’entendît pas le léger cognement à sa porte. Danak attendit quelques secondes, puis entra sans faire de bruit. Il vit la jeune femme étendue sur son lit, complètement nue, toutes ses formes et courbes généreuses à la vue de ses yeux. Instantanément, il sentit le désir monter en lui.

Bien que n’ayant pas entendu le cognement à sa porte, Yana avait senti dès que la poignée de la chambre fut tournée que quelqu’un se préparait à entrer.  Elle savait bien qu’il s’agissait de Danak et ne tenta pas de couvrir sa nudité.  Au cas où il ne s’agirait pas de lui, elle tendit la main sous l’oreiller et attrapa le poignard qui s’y trouvait. On n’était jamais trop prudent. Elle se préparait toujours au pire, un précepte qui lui avait sauvé la vie à plusieurs reprises.

Publicités

2 réflexions sur “Les guerriers du chaos – Volume 1 – L’amulette d’éternité – Chapitre 6

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s