Guerriers du chaos – Volume 1 – L’amulette d’éternité – Chapitre 4


Guerriers du chaos – Volume 1 – L’amulette d’éternité – Chapitre 4

Chapitre 4

  • Et bien, dis donc, quel bordel!, s’exclama le nouveau venu.
  • Monsieur, s’il vous plaît, aidez-moi, minauda Yana malgré son envie bouillante de tuer cet homme pour l’avoir trouvé dans une si fâcheuse position.

L’homme s’agenouilla à côté d’elle pour qu’elle puisse le voir. C’était un très bel homme, tout à fait son genre. Une voix grave et rauque, un corps musclé à souhait et avec un petit air de brute qui laissait présager des amours torrides. Bien qu’elle aimait ses hommes plus chevelus, celui-ci avait le crâne entièrement rasé et il arborait quelques symboles mystérieux en guise de tatouages sur les bras et derrière la nuque. Il avait des yeux absolument magnifiques, d’un vert profond comme la mer, des yeux où l’on pourrait se perdre.

  • Alors madame, je vois que vous êtes en fâcheuse posture. Puis-je vous demander comment vous vous êtes retrouvée dans un tel pétrin?
  • Je vous conterai toutes mes aventures et plus encore s’il le faut, dès que vous m’aurez débarrassé de cet ogre puant et gluant, lui répondit-elle avec son sourire le plus enjôleur malgré son aspect peu ragoûtant.

En effet, ses magnifiques cheveux noirs de jais étaient maintenant gris de poussière et plein de diverses autres souillures. De plus, le sang et le vomi qui enlaidissaient son visage d’ordinaire si joli, n’étaient pas ce qu’il y avait de plus attirant pour séduire un homme. D’ailleurs, celui-ci ne lui répondit pas, mais lui fit plutôt un sourire de prédateur. Puis il se leva pour aller regarder derrière le comptoir. Ce sourire mit instinctivement Yana sur ses gardes, elle n’était pas dupe. Bien qu’il soit son genre d’homme, viril à souhait, un guerrier visiblement et probablement même un peu brutal, car elle ne dédaignait pas les amours un peu plus féroces, c’était un prédateur et elle n’avait pas du tout l’intention de devenir sa proie. Peut-être que les manières douces d’une « gente » dame n’éveilleraient pas tout de suite les soupçons de son sauveur quant aux intentions de Yana. Elle n’avait aucune intention de laisser derrière elle quelqu’un qui la reconnaîtrait. Étant donné sa réputation, elle avait eu beaucoup de mal à ne pas se faire reconnaître en ville. Elle était recherchée sur tout le continent Yadiss pour fraudes, vols, meurtres et autres rapines. Yana se savait trop avancée dans sa quête pour se retrouver si vite bloquée par un guerrier en quête de sensations fortes. En plus, elle n’avait pas du tout envie de s’encombrer d’un homme pour le moment, bien qu’il puisse lui être utile dans sa quête.

Yana s’apprêtait à apostropher l’homme pour qu’il se bouge un peu pour la dégager de sa fâcheuse posture, mais celui-ci la devança.

  • Alors, c’est vous également qui êtes responsable du sort de ce pauvre aubergiste? À ce que je vois, il n’a eu que le temps de faire intervenir son gardien, mais peine perdue il me semble, n’est-ce pas?, demanda l’homme toujours avec le même sourire.
  • Ce n’est pas ce que vous croyez! Ils ont voulu me voler et me molester. Je me suis défendue comme j’ai pu. Comme vous pouvez le constater, je ne suis qu’une faible femme et je n’ai pu faire face à cet ogre. Aidez-moi à sortir de là, puis j’irai faire ma toilette et nous ferons plus ample connaissance, qu’en dites-vous?
  • Vraiment?, lui demanda-t-il avec un sourire narquois. Je le connaissais, vous savez. Ce n’était qu’une brute et un escroc, mais son auberge faisait toujours une excellente cachette à petit prix. Votre déconfiture pourrait me mettre dans l’embarras.
  • Je vous jure que je dis la vérité!, dit-elle.

Puis Yana, pour donner plus de crédit à son histoire, versa quelques larmes.

  • Je vous en pris, aidez-moi! Je n’en peux plus de cette puanteur et il est terriblement lourd sur moi, j’ai de la difficulté à respirer, pleurnicha-t-elle.

Ma parole, pensa-t-il, elle se croit vraiment bonne actrice. L’homme n’était pas naïf au point de croire à son histoire. En fait, il n’en croyait pas un traître mot. Par ailleurs, peu importe l’histoire qu’elle pouvait bien lui raconter, tout cela n’avait aucune importance. Cette femme n’était certainement pas ce qu’elle prétendait être. Elle n’était ni douce ni gentille, il le savait fort bien, mais il avait bien envie de jouer à son petit jeu quelque temps, histoire de voir où cela pourraient les mener. «Je pourrai peut-être ainsi faire d’une pierre deux coups», pensa-t-il.

  • Bon c’est d’accord. Je vais vous donner un coup de main. Mais vous me devrez une faveur ma… dame.

«Tu ne crois pas si bien dire salaud. Dès que tu auras le dos tourné, je te poignarderai juste pour m’avoir vu dans une telle position de faiblesse», pensa la jeune femme. L’homme prit appuis sur le bar et poussa de toutes ses forces sur les corps de l’ogre. En poussant, l’homme avait le nez si proche du cadavre que son odeur, encore pire après la mort, faillit lui faire renoncer à secourir la demoiselle en détresse. Finalement, il réussit à le pousser suffisamment pour que Yana puisse se retirer de sous le corps encombrant et odorant. La mercenaire se releva et s’épousseta légèrement.

  • Je ne dois pas être très belle à voir, dit-elle.
  • Non en effet, dit-il en la regardant. Au fait, c’est quoi votre nom? Moi je suis… Danak de… Nortia, ajouta-t-il en présenta sa main.

Yana le regarda de haut en bas, en s’attardant spécialement sur une certaine partie de son anatomie qui semblait assez, disons, proéminente. Puis elle s’attarda encore quelques instants sur sa main, mais ne la prit pas. On lui avait déjà fait le coup, elle n’était pas née de la dernière pluie tout de même. Elle se détourna de lui et s’accroupit près du cadavre de l’ogre pour reprendre son épée. Celle-ci semblait assez mal en point, presque autant que sa propriétaire. Elle la regarda avec dégoût.

  • Je vais devoir m’en procurer une autre. Ce maudit ogre puant ! Je ne serai jamais capable de faire partir cette horrible odeur, dit-elle tout haut.

Puis elle reporta son attention sur Danak. Celui-ci attendait patiemment qu’elle veuille bien s’occuper de lui. Elle le regarda quelques instants, se demandant si elle devait ou non le remercier, l’embrasser ou encore lui passer son épée à travers le corps. Elle lui devait manifestement une faveur, mais elle n’avait jamais été du genre à tenir sa parole. La parole et l’honneur c’était juste bon pour les morts selon elle. Toute de même, elle ne savait plus trop quoi penser de lui. Elle se demanda si un mort de plus ferait vraiment une différence compte tenu de sa situation actuelle. Elle passa à côté de lui et lui lança un faible merci, presque un murmure, en passant la porte.

Cette femelle avait décidément bien du caractère. Elle lui plaisait de plus en plus. Danak se décida donc à la suivre.

  • Dit donc, vous marchez drôlement vite pour une « gente » dame, demanda Danak après l’avoir rattrapé beaucoup plus loin sur la rue.

«Elle a bien vite laissé tomber son masque de gentille fille, mais je vais continuer juste au cas. Comme ça elle ne se méfiera pas le moment venu !», pensa-t-il. Au même moment, un grand bruit se fit entendre dans la rue et un nuage de poussière se forma rapidement à l’emplacement de l’auberge qu’ils venaient de quitter. L’homme et la femme se retournèrent pour regarder d’où cela provenait.

  • Ben merde alors! On est sorti juste à temps de l’auberge!, s’exclama Danak.
  • Maintenant au moins, il n’y aura plus rien derrière moi pour me suivre.
  • Qu’est-ce que vous voulez dire?

Yana le regarda dans les yeux.

  • Ça ne vous regarde pas. Maintenant, laissez-moi, je suis pressée.

Après l’effondrement de l’auberge, le termite-reine de l’auberge du Sanglier fou demanda à sa conseillère : « pim pim mip mipmipmip »[1]. Il se fit répondre : « mipmip pimpim mip mip »[2]. « Mip mip pimmip »[3], dit le termine-reine. Dans les jours qui suivirent cette conversation, les propriétaires des immeubles voisins de l’auberge subirent une invasion en règle des termites qui évidemment ne se souciaient guère des préoccupations humaines. Au cours de la semaine suivante, bien d’autres immeubles tombèrent également en poussière grâce au travail acharné des termites-ouvrières. Leur expansion et le rêve de grandeur et de destruction du termite-reine Mimimia 1ère furent toutefois anéantis quelque temps plus tard, lorsque les autorités de la ville firent intervenir en catastrophe les tamanoirs d’élevage de Fourmina, la ville voisine. Bien qu’étant ennemies depuis des temps immémoriaux, après maintes tergiversations, les autorités de Fourmina avait décidé d’enterrer la hache de guerre, en partie parce que plus personne ne se souvenait de la vraie raison de la querelle entre les deux villes [4]. Ainsi, grâce aux dégâts causés par les termites, après deux cents ans de bouderie et de querelles des deux côtés, le commerce recommença entre les villes de Termina et de Fourmina. Par ailleurs les ventes de tamanoir connurent une formidable expansion ce dont personne ne s’étonna. À un tel point, qu’il devint du plus bon goût dans la haute société de posséder son propre tamanoir domestique et de le promener partout en laisse. C’était tellement plus distingué que de promener un vulgaire chien.

  • Vous n’êtes pas tellement reconnaissante. Avoir su je vous aurais laissé sous cet ogre et l’auberge vous serait tombé sur la tête.

Yana ne répondit rien et continua à marcher aussi vite qu’elle le pouvait. Il faisait encore nuit et elle commençait à être fatiguée. De plus, sa propre odeur lui soulevait le cœur. Elle devait absolument prendre un bain et le plus vite serait le mieux. Ils arrivèrent bientôt en vue de l’auberge des Moulins que Yana avait repérée plus tôt dans la soirée. Celle-ci était de bien meilleure qualité. La mercenaire pénétra dans l’auberge avec le guerrier à sa suite. Yana se dirigea tout de suite vers l’aubergiste, un grand maigre au teint foncé. Il provenait certainement de Sudinia.

  • Je veux une chambre pour la nuit.  Je veux aussi un repas chaud et un goûter pour emporter lors de mon départ demain. Je partirai vers midi. Combien?, demanda Yana sans plus de préambule.

La patience n’était pas son fort, surtout quand elle se sentait aussi sale. Avec un très fort accent, celui-ci répondit : « 40 pièces d’or», tout en continuant à laver ses verres. À croire que les aubergistes de cette ville passaient leur temps à laver leurs verres. Yana fronça les sourcils. Quarante pièces c’était plutôt cher. Avec tout ce remue-ménage, elle n’avait pas pensé à récupérer son dépôt dans l’autre auberge. « Tant pis, je suis fatiguée et j’ai besoin de me laver sinon je sens que je vais bientôt faire un massacre et ça ne sera pas joli à voir », pensa-t-elle. Elle fouilla dans les plis de sa tunique et lui remit l’argent demandé.

  • Y-a-t-il un tailleur encore ouvert à cette heure ? lui demanda-t-elle.
  • Au coin de la prochaine ruelle à droite, il y a le vieux Ranys qui fait de l’insomnie. Allez cogner, peut-être vous ouvrira-t-il sa porte. Il n’a rien contre les bénéfices supplémentaires si vous voyez ce que je veux dire, lui dit-il en lui lançant un sourire goguenard.

Yana ne voyait que trop ce qu’il voulait dire. Des vieux filous et coquins, elle en avait rencontré plusieurs et cela ne lui rappelait pas de très bons souvenirs de son enfance. «Tant que je peux changer de vêtements… Mais le vieux grigou n’a pas intérêt à avoir les mains baladeuses ce soir. Je ne suis vraiment pas d’humeur à me laisser tripoter», pensa-t-elle. Yana quitta l’auberge avec Danak toujours à sa suite.

  • Dites vous allez me suivre longtemps comme ça?
  • Tant que je ne saurai pas votre nom…

Yana ne répondit pas et poursuivit son chemin. Elle n’avait pas encore couché avec et déjà elle en avait marre de ce type. Il était beaucoup moins intéressant qu’elle ne l’avait pensé au départ. Les petits chiens comme esclaves ça allait, mais pour autre chose, elle les avait en horreur.

Ils arrivèrent enfin à la boutique du tailleur et la jeune femme frappa à la porte. « Ouvre tailleur, j’ai une commande pour toi », dit-elle assez fort pour que toute la rue l’entende.

  • Pour quelqu’un qui voulait être discret, tu fais beaucoup de bruits, remarqua Danak.
  • Toi tu me donneras ton avis quand je te l’aurai demandé, sinon ferme là, répliqua-t-elle durement.

Sur ces mots, la porte s’entrouvrit légèrement. « Entrez ». Yana et Danak pénétrèrent dans la boutique. Il faisait très sombre dans la pièce, on n’y voyait rien. De plus, une légère odeur régnait dans l’air, douceâtre et légèrement métallique. Une odeur familière à Yana, mais bizarrement elle n’arrivait pas à mettre le doigt dessus. «Il fait aussi noir que chez le loup», pensa Yana. Danak lui serra le bras et chuchota à l’oreille de sa compagne : « Soyons prudents! Je trouve ça bizarre comme endroit. » Il voulut alors passer au-devant d’elle. Yana le regarda le travers. La prenait-il pour une impotente ? Ou pire, se prenait-il pour son garde du corps ? Elle était une mercenaire de troisième génération et avec un certain talent pour la magie de surcroît. Elle était bien capable de se défendre toute seule. Elle le tira violemment en arrière, sortit sa nouvelle dague, celle du nain en fait et la lui mit sous la gorge.

  • Tu me fais encore un affront pareil et je te tranche la gorge si vite que tu n’auras pas le temps de respirer une dernière fois, lui dit-elle tout bas.

Une fraction de seconde, Danak voulut tirer son poignard et lui faire subir le sort qu’elle lui promettait, mais il se domina. Certes, il pourrait ainsi mettre fin à cette vulgaire comédie et se remettre tranquillement en route, mais il n’y aurait pris aucun plaisir et de plus son instinct lui disait qu’il pourrait encore avoir besoin de cette femme. Par ailleurs, pour la prochaine étape de son projet, il pourrait l’utiliser au lieu de prendre une prostituée comme il en avait tout d’abord eu l’intention. Danak laissa donc Yana passer au-devant de lui et il se montra le plus soumis qu’il lui était humainement possible pour un homme de sa trempe. La même voix qui leur avait dit d’entrer se fit entendre : « Alors, vous venez ? C’est par ici. Prenez l’escalier qui descend à votre droite ». Yana avait l’impression que cela pouvait être un guet-apens, mais son instinct lui disait d’y aller quand même et il ne l’avait jamais trompé jusqu’à présent. Au prix où elle avait payé la chambre, elle était surprise que l’aubergiste lui ait recommandé un endroit pareil. C’était si sombre et lugubre. On voyait à peine devant soi. De plus, elle n’arrivait pas à se rappeler de son sort de clarté, bien qu’il soit très simple. Elle trouva cela très étrange.

Donc, elle n’avait rien pour s’éclairer et Danak non plus visiblement puisqu’il n’avait rien tenté. Plus ils s’enfonçaient dans la noirceur, plus ils se rapprochaient de la voix qu’ils avaient entendue dans les ténèbres et plus Yana croyait distinguer une faible lueur bleue. Ils arrivèrent finalement aux escaliers et les descendirent pendant ce qu’ils leur sembla une éternité. Yana avait de la difficulté à se rappeler pourquoi elle était là. Elle sentait une certaine confusion dans son esprit d’ordinaire si aiguisé. La lueur bleue se faisait de plus en plus présente et ils passèrent finalement devant la source lumineuse. Une simple torche, mais alimentée par un feu magique manifestement. Yana en avait déjà vu de la sorte. Elle avait par le passé déjà essayé d’acheter la formule et les éléments nécessaires à son invocation, mais ils étaient alors trop chers pour ses moyens. Elle n’était pas dans une bonne passe alors. Heureusement, ce n’était plus le cas aujourd’hui. En y repensant, Yana frotta sa bourse remplie d’or. Les escaliers continuaient encore à descendre. Toujours de plus en plus en profondeur, de plus en plus dans les ténèbres alors qu’ils s’éloignèrent de la torche magique. Ni l’un ni l’autre ne prononçai un mot. Puis brusquement Yana s’arrêta. Dans le noir, Danak lui rentra dedans et elle fut à deux doigts de débouler le restant des escaliers dont ils ne voyaient pas la fin. Heureusement, Danak la rattrapa à temps par le col de sa chemise.

  • Putain de merde!, s’exclama-t-elle. Tu ne peux pas faire attention.
  • Désolé, je ne m’étais pas aperçu que tu t’étais arrêtée. Il fait tellement noir depuis que l’on ne voit plus la lueur de la torche, dit-il doucement.

Il ne devait pas en faire trop sinon elle finirait par se douter de quelque chose. Yana le regarda dans les yeux ou du moins l’endroit où elle croyait qu’étaient ses yeux, il faisait tellement noir qu’elle n’était pas en mesure de voir son propre nez. «

  • Non, mais quel con! Veux-tu bien me dire ce que je fais avec un imbécile pareil!, dit-elle.

Danak serra fortement sa machoire, mais il demeura stoïque. Son moment viendrait bien assez tôt.

«J’aurais dû me débarrasser lui dans l’auberge lorsque j’en ai eu l’occasion. Je n’ai pas eu ma dose de sexe depuis longtemps, ça paraît. Tu te ramollis ma vieille !» Plus elle y pensait et plus elle sentait la colère et la frustration monter en elle. Sa soudaine frustration lui éclaircit les idées.

  • Bon j’en ai marre!, s’exclama-t-elle avec force, suffisamment fort pour que tout l’édifice l’entende. Je suis venue ici pour me faire faire des nouveaux habits et on se retrouve à descendre des escaliers interminables qui vont nous mener je ne sais pas où, vers je ne sais pas quoi. J’en ai assez, je remonte et je vais prendre un bon bain bien chaud puis me coucher bien confortablement sous la couette.

Et c’est ce qu’elle fit. Elle entreprit de remonter les marches pour sortir de ce sinistre endroit. Elle poussa Danak contre le mur et le dépassa. Danak la suivit comme un fidèle serviteur. Après cinq marches, elle buta contre une surface dure et Danak lui rentra encore dedans. Ce fut son nez cette fois qui prit le coup et elle se mit à saigner. Yana rentra dans une rage terrible et lança son poing en direction de la figure de son compagnon… pour ne rencontrer que le vide. Danak avait eu le bon sens de prévoir sa réaction et s’était tassé vers le mur à sa gauche dès qu’il avait senti le contact de son corps avec le sien.

  • Putain de merde, cria-t-elle complètement enragée. Je vais tuer quelqu’un c’est certain.

Elle repartit dans l’autre sens et dévala les escaliers le plus vite qu’elle pouvait, l’épée à la main et une lueur meurtrière dans les yeux. On ne se moquait pas de Yana d’Outre-Tombe impunément. Danak toujours sur ses pas, la suivait comme son ombre. Une lueur bleue, comme la précédente, commença enfin à pénétrer les ténèbres. Yana ne savait plus depuis combien de temps elle descendait les marches et se demandait à quelle profondeur ils pouvaient bien être rendus. La lueur bleue se fit de plus en plus présente et l’obscurité qui les avait accompagnés tout le long de leur descente aux enfers, finit par disparaître complètement. Yana posa enfin le pied sur le sol dallé de grandes pierres d’où semblaient venir la lumière bleue. Il faisait presque aussi clair qu’en plein jour, un jour de soleil bleu.

La pièce où ils se trouvaient était immense, circulaire et possédait trois portes. Ils avancèrent dans la pièce. Danak se retourna soudainement pour s’apercevoir que l’escalier qu’ils avaient descendu depuis si longtemps avait disparu pour laisser la place à un mur. Les murs étaient faits du même type de pierres que celles qui recouvraient le sol, mais aucune lueur n’en sortait. Toute la pièce baignait dans une douce lumière bleue. Au milieu de la pièce trônait ce qui semblait être un énorme bureau de travail, d’un bois très sombre teinté de rouge. Tout cela ne leur disait rien qui vaille. Tout à coup, la porte la plus à droite s’ouvrit et un tamanoir blanc en sortit. Il fit le tour complet de la pièce, passa derrière les deux guerriers et vint s’asseoir à la gauche du bureau.

[1] Mais qu’est-ce que c’est que tout ce fracas? Où en sont rendus les travaux?

[2] La grève est terminée, les ouvrières se sont remis au boulot votre Majesté. Nous pouvons maintenant commencer la deuxième partie du projet.

[3] Très bien. Commencez le début des travaux dans le bâtiment-nourriture-bois suivant. Bientôt nous serons la plus grande termitière et nous pourrons exterminer ces fourmis si nuisibles.

[4] Une histoire de femme, encore une fois. Selon les plus vieux habitants de Termina, qui eux même la tenait de leurs aïeuls, le père d’Hélénia Termina, le maire de la ville, n’avait pas tellement apprécié que le nouveau petit ami de sa fille chérie, Achilius Fourmina, fils du maire de Fourmina, l’ai mise enceinte et encore moins qu’il se soit enfui avec elle dans les Îles Sauvages. Il s’ensuivit une guerre commerciale qui dura longtemps. C’est depuis cette lointaine époque que les habitants des deux villes ne se parlent plus ou alors seulement pour se dire des insultes. Pendant longtemps, il fut même interdit de prononcer le nom de la ville ennemi sous peine de vingt coups de fouet, car cela ravivait de trop sombres souvenirs pour les deux pères qui avait chacun perdu leur enfant, au détriment pensait-il de leur ennemi juré, le maire de la ville voisine. En effet, après qu’on les eurent retrouvés, les deux jeunes gens refusèrent de rentrer au bercail. Ce qui n’empêcha pas la guerre de se continuer entre les deux villes. Heureusement, les deux tourtereaux vécurent heureux avec leurs nombreux enfants, car ils en eurent d’autres, sur la plus petite île des Îles Sauvages. Mais ça, c’est une autre histoire.

Publicités

Une réflexion sur “Guerriers du chaos – Volume 1 – L’amulette d’éternité – Chapitre 4

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s