Adieu mon Papi


Mon cher Papa…

C’est à moi que revient l’honneur d’écrire puis de prononcer ces quelques mots pour tes funérailles. Ce n’est pas une chose facile que de décrire tout ce que tu as été pour nous, tout ce que tu es encore dans nos coeurs et tout ce que tu seras dans nos souvenirs. Pourtant, s’il y a bien une chose que tu m’as apprise, c’est de ne pas fuir devant mes responsabilités ni devant les défis à relever. C’est donc pourquoi je me tiens devant vous tous aujourd’hui à essayer de vous décrire ce que mon père a été pour moi et un peu aussi ce qu’il a été pour vous.

Comme les chats, on peut dire que tu as eu neuf vies. Si bien que jusqu’à ta mort si soudaine, j’ai cru que tu étais éternel…

Malheureusement, tes vies ne furent pas toutes faciles et joyeuses, mais tu as toujours su tirer le meilleur parti de chacune d’entre elles. Tu as aimé vivre, aimé tous ses plaisirs. Rien de tel qu’un bon repas et un brin de jasette en bonne compagnie pour te mettre de bonne humeur. Tu as rendu grâce à la Vie aussi longtemps que tu as pu.

Hélas… la souffrance t’a accompagné pendant si longtemps. Mon frère Jean-Frédéric dirait sûrement que c’était difficile de te voir souffrir ainsi, de te voir diminué, de voir que tu ne pouvais plus être le grand homme que tu étais autrefois. Il en est de même pour moi. J’ai demandé que la Mort soit comme une douce amie pour toi et qu’elle t’emporte sans souffrance vers la liberté. Pour que tu sois enfin libéré et que tu puisses t’envoler vers ta prochaine destinée.

Je sais que si tu es resté si longtemps parmi nous c’est parce que nous n’étions pas prêts à te quitter, pas prêts à te voir partir. Mais peut-on être jamais prêt au départ d’un être tant aimé ? Même encore aujourd’hui, alors que je t’ai vu reposer dans ton cercueil, il m’est difficile de croire en ta mort. Nous t’avons tellement aimé papa…

Mon frère Louis-Philippe dirait que même dans la maladie, tu es demeuré un pilier pour notre famille. Et que de notre côté, nous avons été là pour te soutenir, te soulager et te réconforter dans les moments difficiles. Sache que tu lègues une famille forte et unie. Tu étais un combattant, un guerrier sans peur.

De plus, personne ne pouvait t’ignorer. Tu savais te montrer si enjôleur. On finissait tous par être captivé et à graviter autour de toi, telles les planètes autour du soleil. Par ta force, ta vaillance, ta joie de vivre, ta tendresse et ton grand sens de l’humour, tu as illuminé nos vies. Et nous espérons avoir illuminé la tienne.

Même si tu n’étais pas visité aussi souvent que tu l’aurais voulu, tu t’efforçais de garder le moral. Tu portais un grand amour à toute ta famille, tes frères et soeurs avaient une grande place dans ton coeur. Je suis certaine que tu vas veiller sur nous tous de là-haut.

Tante Madeleine m’a dit que grand-maman Françoise t’appelait Charlo Brin d’Amour. Cela m’a fait sourire. Tu étais affectueux et généreux. Toujours là quand on avait besoin de toi. Toujours un bon mot et bien choisi pour les gens que tu aimais. Tu étais plein d’attentions pour nous. À cela, ma soeur Marianne ajouterait que tu as toujours été là pour l’épauler et l’encourager dans tous ses choix et qu’elle se rappellera toujours des gros bisous qu’elle te faisait dans le cou.

Pour ma part, j’ai fait de mon mieux pour que tu sois toujours fière de moi. Pour toi, j’ai étudié plus et plus fort. Pour toi, je me suis investie dans ce que je faisais. J’ai aussi suivi ma propre voie et tu en as été très fier. Tu as été un modèle pour moi.

Quand j’étais petite fille, je voyais comment tu regardais ma mère, ton grand amour, ta Georgette, et je voulais qu’un homme me regarde de la même manière quand je serais plus grande. Quand j’écoutais les mots doux et gentils que tu lui disais tous les jours, je voulais qu’un homme soit aussi gentil avec moi lorsque j’aurais choisi un amoureux. Quand je voyais toute la tendresse, l’affection et l’amour que tu manifestais à ma mère, c’est un homme qui me traitait de la même manière que je voulais dans ma vie. Et c’est parce que tu as été un père merveilleux, que j’ai pu trouver un homme à ta hauteur, un homme qui soit aussi digne que toi.

Je voudrais souligner aussi ta grande intelligence et ton immense savoir. Ma mère dirait sûrement un érudit de l’histoire avec un grand H. Ton esprit critique, ta capacité à faire réfléchir et à faire en sorte que les gens qui te côtoyaient développent leur propre capacité de réflexion, c’était une de tes grandes qualités. Comme je conserve de beaux souvenirs des soirées à la maison quand tu discutais politique avec les oncles, tantes et amis. On n’y comprenais pas toujours grand chose, mais vous écoutez raconter vos histoires de grands était passionnant.

De plus, quel formidable conteur tu étais ! Comme je me souviens bien de toutes les fois où tu nous racontais tes péripéties quand tu étais enfant et tes histoires de bagarres et de mauvais coups quand tu étais jeune adulte. Toutes les fois où tu nous racontais les histoires de la Bible comme si c’était une bande dessinée.

Ah l’amour des livres et de la lecture, passion que tu partageais avec Georgette. Comme j’ai de beaux souvenirs de toute notre famille visitant chaque année le salon du livre de Montréal, comme j’ai de beaux souvenir de notre salon remplis de livres et du beau tapis orangé qui chatoyait sous le soleil. C’est une passion que tu nous as tous transmise.

Ton amour du grand air, du camping et des randonnées en forêt nous ont fait aimer la nature. Je me souviens de tes histoires de chasse avec mon oncle Ronnie. Où en fait tu ne chassais pas vraiment, mais t’assoyais plutôt sous un arbre pour y écouter les oiseaux et faire un petit somme.

J’en aurais encore beaucoup dire sur toi, mon Papi. Mais le plus important je pense c’est qu’il y a de cela quelque temps déjà, tu t’es rendu compte d’une chose primordiale. Toute ta vie tu as couru après la fortune et toute ta vie, on peut dire qu’elle s’est évertuée à te fuir. Cependant, à la fin tu nous as dit avoir ouverts les yeux. Tu t’es rendu compte qu’en fait la richesse ne t’avais jamais quitté, qu’elle était sous ton nez depuis 38 ans. À la fin de ta vie, tu t’es rendu compte que tes enfants et tes petits-enfants Sophie, Chloé, Émeric et Benjamin étaient en fait ta plus grande richesse. Et que sans eux et sans ta douce Georgette, ta vie n’aurait pas été aussi pleine d’espoir, d’amour et de joie.

En terminant, nous te disons tous au revoir Charles. Tu étais un père aimant, un tendre mari, un frère loyal et un grand ami.

Au revoir papa, je t’aime et je t’aimerai toujours.

Ta grande fille Geneviève

Charles Bouchard, mon père

Publicités

2 réflexions sur “Adieu mon Papi

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s