Nouvelle aube – Suite et FIN !!!


Mon père, mon oncle et Richard se regardèrent, l’air un peu abasourdi.

          Tout ça pour ça ?, dit Louis.

          Ça l’air, lui répondit Richard.

          Bon, c’est bien beau, mais on fait quoi maintenant ?, demanda mon père.

          Je ne sais pas trop, lui répondit son beau-frère.

C’est Richard qui proposa leur prochaine action.

          Je propose qu’on retourne tous chez Wayne et qu’on discute de tout ça ensemble.

Ils restèrent silencieux quelques secondes.

          Tu ne penses pas qu’on devrait faire le tour de toute la zone libre ? Je veux dire qu’on suive la ligne à pied et voir de nos yeux de combien est grande la trouée où on vit ?

          Ça ne serait pas une mauvaise idée, répondit  Louis.

Ils prirent les armes à feu et se dirigèrent vers la frontière de brume à leur droite. Ils marchèrent derrière quelques maisons, dans les champs, dans les boisées. Ils prirent cependant bien soin de laisser plusieurs mètres de distance entre eux et la brume, mais tout en étant assez près pour détecter toute anomalie. Mis à part quelques animaux morts : renards, chats, chiens, oiseaux, ratons laveurs, etc., ils ne virent rien de particulier. La trouée où les survivants s’étaient réfugiés semblait avoir environ deux kilomètres de diamètre. Une fois le tour complet effectué, ils reprirent la voiture et visitèrent tous les voisins encore présents pour leur annoncer ce qu’ils avaient vu et la surface qu’ils avaient maintenant de disponible pour vivre. Mis à part les habitations de Wayne et de Paul, il y avait deux autres maisons habitées et trois maisons inhabitées dans la zone libre de brume. Excluant les gens qui étaient chez Wayne et ceux chez Paul, il y avait une quinzaine de survivants. Une fois tous les voisins avisés, Richard, Louis et mon père retournèrent à la maison.

 Dès qu’ils pénétrèrent dans l’allée, tous se précipitèrent dehors pour savoir ce qu’il en était. Les hommes invitèrent tout le monde à retourner à l’intérieur pour discuter de la situation. Il fut convenu qu’un tour de garde serait instauré pour observer la brume, détecter tout changement et donner l’alerte en cas d’intrusion de bêtes. La même directive fut communiquée aux autres survivants. Étant donné qu’ils habitaient tous aux quatre coins de leur nouvel habitat, cette directive fut acceptée immédiatement et sans chichi.

 Lentement, tous apprirent à survivre dans leur nouveau monde. Les téléphones cellulaires ne fonctionnaient plus, mais curieusement les téléphones qui étaient filaires et non électriques fonctionnaient encore. Tout ce qui était mécanique marchait également encore très bien. Bien entendu l’essence fut rationnée et ne devait servir qu’en cas d’absolue nécessité. Qui sait combien de temps on resterait dans ce no man’s land ? De plus, on pouvait également se servir des ondes radios à l’intérieur du périmètre libre de brume. Pendant tout le temps que dura notre réclusion, il y eut toujours quelqu’un, de manière plus ou moins régulière, pour faire le tour des postes de radio pour vérifier si nous n’étions pas seuls au monde. Personne n’a jamais rien entendu d’autre que le grésillement normal. Nous étions seuls maintenant et on ne pouvait compter que sur nous-mêmes.

 L’adaptation fut lente et difficile pour certains, alors que pour d’autres, tout sembla couler de source. Ces derniers en éprouvèrent même un certain soulagement. Malgré le fait que leur nouveau mode de vie demandait plus de coopération et de travaux physiques, le stress et la vitesse exigés par l’ancienne société avaient été remplacés par un mode de vie plus sain et lent. Et cela, même si la brume imposait tout de même une certaine frayeur et que notre petite communauté dû composer avec deux décès supplémentaires survenus au courant des premières semaines. Nathaniel et le gros Paul partirent un jour traquer une bête sortie de la brume qui menaçait les survivants. Malheureusement pour eux, ils ne revinrent pas et on retrouva la bête, quelques jours plus tard, morte au bout de son sang. On ne sut pas ce qui était advenu de Nathaniel et de Paul, car on ne les revit jamais. Après cet épisode malheureux, les survivants se montrèrent plus vigilants et prudents dans leurs traques.

 La vie s’écoula ainsi durant quinze ans. Quinze ans durant, la barrière de brume resta stable et ne bougea pas d’un pouce. Quelques bêtes pénétraient de temps à autre dans notre petit monde, mais sans faire véritablement de dégâts puisqu’elles ne survivaient pas très longtemps dans notre air. Ainsi, les membres de notre petite communauté ne connurent pas d’autre décès excepté ceux de mort naturelle, tels que ma grand-mère. Des couples se formèrent, d’autres se brisèrent et des enfants naquirent également. Et les membres de la communauté ne sauraient trop remercier ma tante Francine pour ses nombreux ouvrages de médecine familiale et d’homéopathie. Ils ont prévenu et soigné beaucoup de maux, petits et grands.

 Après un certain temps, les tours de garde se relâchèrent. Cinq ans plus tard, il n’y en eut plus, car on était tous chargés maintenant de faire part à la communauté des changements que chacun aurait pu observer. Mais il n’y eut pas de changement. Tout le monde demeurait néanmoins vigilant en ce qui concernait les bêtes des brumes, comme on les appelait. Et si l’on devait s’approcher de la frontière de brume, on ne le faisait généralement pas seul. Mais je peux vous dire qu’au bout de cinq années, la barrière de brume faisait maintenant partie du paysage. Pour moi, elle avait toujours fait partie de ma vie parce que je ne me souviens pas vraiment des jours d’avant. Je garde un certain souvenir cependant de la nuit où tout à commencée, peut-être parce qu’on en a tellement parlé lorsqu’on se rassemblait autour du feu le soir. Cette fameuse nuit et le monde d’avant font maintenant partie de nos légendes.

 Cependant, un soir, au souper, tout a changé.

 Alors que notre petite famille était en train de manger, mon père qui était au potager entra dans la maison comme un fou.

          Sortez tous !, dit-il en criant. La barrière… la barrière avance sur nous !

 Bien évidemment, tout le monde est allé à l’extérieur et mon père nous mena directement à la frontière derrière la maison. Déjà, la moitié du potager avait disparu dans la brume. Tout le monde était effrayé et parlait en même temps. Au même moment, on entendit du bruit et des éclats de voix provenant de l’avant de la maison et tous s’y précipitèrent. C’étaient nos voisins. Tous nos voisins. Ils semblaient essoufflés et effrayés. Tout de suite, j’ai remarqué qu’il manquait plusieurs personnes à l’appel. Il manquait deux jeunes enfants et trois vieillards.

 Aussitôt Wayne leur demanda où étaient les autres. Certains baissèrent alors la tête et d’autres pleurèrent.

          La brume a envahi la maison en un rien de temps. Des bêtes immondes sont apparues et elles ont fracassé la porte arrière. Je n’ai pas eu le temps de sortir mes jumeaux qui dormaient à l’étage.

Sur ce, la pauvre Amélie éclata en sanglots et ses jambes se dérobèrent sous elle. Son aîné, Gabriel, 10 ans tentait en vain de calmer sa mère. Jérôme prit alors la parole.

          Les Gauthier, Germain, Claude et Annie étaient aussi dans leur maison, celle au bout du rang et on ne les a pas vus sortir. Et on ne voit plus leur maison maintenant.

 Une vieille femme se retourna pour regarder, Harriette je pense, et ajouta : «Regardez ! La brume arrive !» Nous suivirent son regard et tout de suite, la peur nous pris à la gorge. On se mit tous à courir vers le milieu de la rue. La brume avançait dangereusement vite et on se retrouva bien rapidement encerclés. Nous étions tous collés les uns sur les autres. La brume finit par s’arrêter et elle ne nous laissa qu’un maigre dix mètres de diamètre d’air libre. Plusieurs femmes et enfants pleuraient, certains plus fort que d’autres. Même les hommes laissaient clairement voir leur peur. Les minutes passaient et rien d’autre ne se produisit. La plupart d’entre nous finirent par s’asseoir par terre. La brume restait toujours aussi immobile. On n’entendait rien, la brume couvrait tout bruit extérieur, si bien que si une bête devait pénétrer dans notre espace libre, elle ne ferait qu’une bouchée de nous. Nous ne pouvions pas faire grand-chose. Nous n’avions aucune arme pour nous défendre. Nous n’avions rien à boire ni à manger. Tout était allez si vite, trop vite. Quelques un, notamment les enfants, finirent par s’endormir à même le sol ou dans les bras de leur parent. On demeura ainsi prostré durant ce qu’il nous sembla des heures. La nuit était sur nous depuis longtemps déjà. Le ciel sans étoile et sans lune n’offrait pas de lumière. On se retrouvait donc dans le noir presque absolu. La brume pourtant irradiait légèrement ce qui nous aidait à savoir exactement où elle était et si elle se rapprochait.

 Après plusieurs heures dans l’inconfort de la nuit, une soudaine lumière étincelante envahit le ciel. Nous prîmes peur. Quelle était donc cette lumière ? D’où venait-elle ? Les plus jeunes commencèrent à s’élever, comme en lévitation, puis à monter vers la lumière. Ceux qui étaient encore au sol paniquèrent et tentèrent en vain de retenir leurs enfants, puis leurs femmes. J’entendis Wayne crier quelque chose. Moi-même je me sentais m’élever vers le ciel et un curieux sentiment de paix et de plénitude m’envahit. La peur me quitta complètement. Puis j’entendis de nouveau quelqu’un crier. C’était mon père. Il disait que la brume se rapprochait. Et en effet, elle avançait sur ce qui restait de notre groupe de survivants. Je regardai vers le sol et je vis qu’il n’en restait que cinq, les autres étant bien haut dans le ciel, bien loin de la brume. Le noyau d’air libre se raccourcissait de plus en plus. Et bientôt tous furent dans la lumière en train de monter vers le ciel nocturne. J’entendis un léger «ploc». J’en conclus que la brume avait tout envahi et qu’il ne restait plus rien de notre ancien monde.

CEUX QUI AIMENT LES FINS ABRUPTES, EN QUEUE DE POISSON, ARRÊTEZ-VOUS ICI !

 FIN

 

 CEUX QUI AIMENT LES TOUT EST BIEN QUI FINI BIEN, CONTINUEZ.

 Je retrouvai toute ma famille, amis et voisins dans un endroit très étrange que je ne saurai décrire, tellement il ne ressemble en rien à tout ce que j’ai connu. Le groupe retrouva aussi ses membres manquants, ceux qui n’avaient pas pu s’échapper à temps lorsque la brume avait envahi nos maisons à peine quelques heures plus tôt. Ils semblaient en pleine forme. Claude et Annie, avaient chacun dans leurs bras un des deux jumeaux et ils s’empressèrent de les remettre à leurs parents, trop heureux de les retrouver sains et saufs. Bien plus tard, Germain, Claude et Annie nous racontèrent qu’au moment où la brume les avait envahis, une lumière intense les avait enveloppés et ils s’étaient retrouvés ici.

 Tout le monde parlait en même temps, pourtant nous étions tous calmes et en paix. Soudainement, un être lumineux apparut devant nous. Il ressemblait étrangement à ma grand-mère morte sous les rosiers, il y a bien des années. Elle nous sourit et nous désigna une porte, là où il n’y en avait pas auparavant. Un ange apparut à côté de celle-ci et la porte s’ouvrit. Je dis un ange, car pour moi s’en était un. Il très grand, semblait composé d’énergie et de lumière et de grandes ailes lumineuses flottaient derrière lui. Beaucoup d’amour se dégagea de cet être et je suis certaine que tous l’on ressentit de cette manière.

 Ainsi, la porte s’ouvrit. L’ange nous fîmes signe de le suivre et c’est ce que nous fîmes. Et de l’autre côté, nous nous retrouvâmes… au jardin d’Éden.

http://www.flickr.com/photos/42460176@N08/5271740678

FIN

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