Une nouvelle aube – Neuvième page


Sur ces dernières nouvelles, mon père, mon oncle et notre voisin Richard prirent congé de Paul et de sa famille. Tous les trois, ils embarquèrent dans le 4×4. Et mon père demanda ce qu’ils allaient faire maintenant et Richard lui répondit qu’ils devraient aller voir par eux-mêmes où commençait la brume et voir s’il restait d’autres maisons encore habitées. Mon oncle Louis fut d’accord. Mon père démarra la voiture et tourna en direction de rue Seigneuriale, qui se trouvait à quelques centaines de mètres de chez Paul.

 Lorsqu’ils arrivèrent au bout de New Erin et qu’ils eurent le choix de tourner à gauche ou à droite sur la Seigneuriale, mon père arrêta la voiture, mais laissa le moteur en marche au cas où ils auraient à partir en vitesse. Ils descendirent les trois de la voiture et tous avaient leur arme à la main. Il n’y avait aucun risque inutile à prendre. Il y avait une maison en face d’eux. Elle était entourée de brume, mais on la voyait clairement. Derrière la maison, il n’y avait rien qu’une brume de plus en plus épaisse et dense qui cachait tout le reste. Ils avancèrent tous les trois vers la maison.

–          Autant commencer par ici, dit mon père.

Dès qu’ils pénétrèrent tous les trois dans la brume, ils sentirent immédiatement que l’air était différent. Cela sentait le souffre à plein nez en plus d’autres choses qu’il est impossible à décrire.

–          On dirait que les entrailles de l’enfer ce sont ouvertes et qu’elles ont déversé leurs gaz dans notre monde. Qui sait ce qu’on va trouver dans cette maison et ce qui traîne dans cette brume. Surement que tous les gens sont déjà morts ou au mieux, partis ailleurs comme nous, dit mon oncle.

Mon père et Richard le regardèrent avec un drôle d’air.

–          Ben quoi !, dit Louis, vous n’avez jamais lu Stephen King ? On se croirait dans son film Brume.

–          T’es ben comme ta sœur, lui répondit mon père. C’est pas parce que Paul nous a raconté une belle histoire qu’il faut croire tout ce qu’il dit. Il faut allez voir par nous même et se faire une bonne vue d’ensemble de ce qui se passe. La survie de notre famille en dépend.

–          Écoute Louis… il n’y a pas de zombie ici. C’est juste une brume épaisse, mais c’est bien possible qu’elle soit toxique. Donc il faut pas rester dedans trop longtemps. Et pour André… c’est peut-être juste un ours que la brume a rendu fou. Qui sait ce qu’elle contient comme gaz cette brume, ajouta Richard.

–          J’ai jamais dit qu’il y avait des zombies, répondit mon oncle avec un air buté. Mais je doute que ce soit un ours qui ait bouffé le fils de Paul.

–          Bon, on continue à s’obstiner ou on visite la maison ?, demanda mon père.

Les trois hommes se regardèrent et continuèrent leur chemin en direction de la porte d’entrée de la maison. C’était une belle maison de campagne, à deux étages avec une galerie qui semblait faire le tour de la maison. Il y avait une porte en avant et une autre qui donnait sur le côté. Ils se dirigèrent vers la porte de devant. Mon père cogna à la porte. Ils attendirent quelques instants, mais personne ne vint répondre. Mon père tenta d’ouvrir la porte, mais celle-ci semblait fermée à clé. Ce qui ne surprit personne. Mon père regarda ses deux acolytes.

–          Comme on est juste trois, on est mieux de rester groupé. Et on a juste un seul fusil…

Louis et Richard étaient d’accord et ils se dirigèrent vers la porte de côté. Il n’y avait aucun bruit à l’extérieur. Aucun oiseaux, aucun insecte, aucun bruit d’animaux, ni aucun bruit qui aurait pu être attribué au vent. C’était le silence complet. Cette fois-ci mon père ne cogna pas à la porte, mais l’ouvrit directement. Et elle s’ouvrit sans effort. C’était une porte d’été, une porte moustiquaire et la porte de bois qui se trouvait derrière elle était grande ouverte. Tous les trois pénétrèrent à l’intérieur de la maison. La brume avait pénétré partout au rez-de-chaussée et bizarrement, il y faisait très chaud. Mon oncle Louis commençait à avoir mal à la gorge, mais il ne le mentionna pas tout de suite. Il avait toujours été sensible de la gorge et le dire tout haut n’améliorait pas son état.

 Ils étaient entrés par la cuisine et mon père pénétra dans le salon. Il y avait un cadavre sur le sol. Un vieil homme à ce qui semblait à première vue, mais son cadavre était tout boursouflé et violacé par endroit. Mon père n’avait jamais vu de cadavre, mais celui-ci ne lui semblait pas dans son état normal. En s’approchant de plus près, il vit des centaines de petites piqûres niveau du cou et sur les mains. Il n’osa pas regarder sous les vêtements. Tout autour de ces piqûres, la peau était très violacée et semblait suinter. C’était vraiment horrible à regarder et mon père se recula précipitamment. Une intense envie de vomir le saisit à la gorge. Il prit plusieurs grandes respirations, mais l’odeur de souffre dans l’air ne fit qu’accentuer son envie de vomir si bien qu’il contourna le cadavre et alla vomir tout ce qu’il avait mangé plus tôt dans la journée derrière un beau canapé en cuir. Mon père ne choisi pas le meilleur endroit. Derrière le canapé se trouvait un autre cadavre à qui il manquait la tête et dont le haut du cou semblait mâchouillé. Un cadavre de femme manifestement. Le haut de cœur le reprit et il vomit de plus belle. Quand il ne lui resta plus rien, il se releva et se dirigea rapidement vers la porte de devant dont il déverrouilla le loquet de la serrure et il l’ouvrit à la volée.

–          On n’a plus rien à faire ici les gars, dit mon père avec une voix manifestement très irritée par les vomissures et l’air ambiant.

À ses mots, les trois hommes levèrent leur tête en même temps. Il y avait du bruit au deuxième étage. Des bruits de pas anormalement lourd, puis des centaines de cliquetis se faire entendre. Tout cela ne présageait rien de bon. Louis et Richard se rapprochèrent hâtivement de la porte avant. Ils étaient le point de sortir lorsqu’une bête hideuse et énorme, mi-araignée mi-loup, descendit les escaliers du deuxième étage qui donnait justement dans le salon. Mon père, Richard et mon oncle hurlèrent à l’unisson. Louis et Richard se précipitèrent à l’extérieur et mon père eu la présence d’esprit de lever son fusil, d’enlever le cran d’arrêt et de tirer sur la chose immonde. La bête reçut la décharge en pleine poitrine, mais cela ne l’arrêta que quelques instants. Mon père en profita pour refermer prestement la porte d’entrée et tous les trois s’enfuirent en courant vers la voiture qui était restée une bonne vingtaine de mètres en marche. Ils entendirent un grand boom et la porte d’entrée vola en éclat. Seul mon oncle Louis eu le courage ou la stupidité de regarder en arrière et ce qu’il vit le fit courir deux fois plus vite. Voyant mon oncle accélérer, mon père et Richard accélèrent eux aussi et ils se retrouvèrent prestement dans le 4×4. Ils venaient à peine de fermer les portes que la bête immonde sauta sur le capot de la voiture. Mon père enclencha prestement la marche arrière et la voiture recula rapidement sur la New Erin. Le monstre était toujours sur le capot, s’y accrochant désespérément tout en tenta de défoncer le pare-brise avant. La voiture fit une embardée, le monstre se décrocha et tomba sur la chaussée. Il se mit à courir à une vitesse incroyable après la voiture, mais à peine cinq secondes plus tard il sembla prit d’une toux incessante et s’écroula finalement, immobile sur la chaussée. Ils se trouvaient maintenant tout près de la maison de Paul. Voyant la bête immobile et l’air ambiant redevenu sain, mon père immobilisa le 4×4.

–     Mais pourquoi tu t’arrêtes ?, demanda mon oncle en colère.

–     Crétin, t’as envie que cette chose nous suive jusqu’à la maison. Il faut vérifier si elle est bien morte et la tuer si elle ne l’est pas, lui répondit mon père.

Louis ne trouva rien à redire à cela. Mon père sorti du véhicule et Richard et Louis le suivirent. Ils avancèrent lentement, ils ne tenaient à se faire prendre par surprise. Ils étaient maintenant suffisamment proches de la créature pour voir que celle-ci était morte, mais pas des blessures suite au coup de fusil qui semblait à peine avoir effleuré sa peau recouverte de poils et d’écailles vertes sombres. Les blessures du à la décharge du fusil semblaient déjà être en voie de guérison et même parfaitement saines par endroit. Non, c’était manifestement l’air sans brume qui semblait l’avoir fait passer de vie à trépas. Sa gueule était grande ouverte, une langue boursouflée, visqueuse et fendue en sortait. Une écume verdâtre était répandue au sol. Ses huit yeux étaient soit fermés ou à moitié révulsés. Cette bête était immonde. Mon père demanda la machette à mon oncle. Celui-ci lui donna sans se faire prier. Richard pris le fusil des mains de père et la pointa en direction de la bête. Mon père leva les bras et les abattis sur la tête du monstre. Il s’y prit à trois reprises, mais finalement la tête monstrueuse se détacha. Du sang verdâtre se mit à couler du corps et de la tête détachée. Curieusement, il se mit à grésiller au contact de l’air. La tête et le corps de la bête se mirent à fondre au contact du sang soudain transformé en acide au contact de notre air. Mon père, Richard et mon oncle observèrent le phénomène calmement. Après quelques minutes, il ne resta plus rien du monstre si ce n’est une curieuse tâche verte sur la chaussée. C’était comme si rien de s’était passé.

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