Une nouvelle aube – Septième page


Juste en face de chez Wayne et Francine, il y avait un petit bungalow bien propret. Les trois hommes ne prirent pas la peine de s’y arrêter, ils savaient qu’il n’y trouverait personne. Francine les avait déjà avisé que leurs voisins de face étaient parties chez leur fille en ville hier matin. Ils devaient passer quelques jours chez elle et sa petite famille. Les trois hommes continuèrent donc leur chemin. Une centaine de mètre plus loin, une petite fermette se dessinait à l’orée du bois voisin. Sylvain bifurqua dans leur entrée. Il y avait quatre véhicules dans l’allée.
– C’est bon signe, dit mon père, il y a des gens pas loin. Ils vont pouvoir nous aider au besoin.
– Ou le contraire, ajouta mon oncle.
Encore une fois, mon père et Richard le regardèrent avec un air inquiet.
– Ben quoi ? On ne les connaît pas ces gens ! Qui sait ce qu’ils sont prêts à faire en ces temps de fin du monde pour survivre ?
– Bon. On prend nos précautions alors ?, demanda Richard.
– Ouais, lui répondit Sylvain.
Les trois hommes sortirent du véhicule avec leur arme cachée dans leur vêtement. Ce fut mon oncle qui frappa à la porte. Étant le plus petit des trois, il serait plus facile pour lui de se jeter à terre ou d’esquiver une attaque et laisser les deux costauds derrière lui prendre la relève. Juste au cas. On ne pouvait pas être trop prudent avec tout ce qui c’était passé dernièrement. Qui sait sur quel genre de personne ils pouvaient tomber.

Cela prit quelques instants, mais la porte finit par s’ouvrir de quelques centimètres.
– Sait qui ? demanda-t-on par l’entrebâillement.
– Nous sommes de la famille de Wayne O’Brien qui habite pas loin, répondit mon père le plus poliment possible. On faisait le tour des environs pour voir si tout était correct et si on pouvait aider.
La porte s’ouvrit alors franchement.
– Ah vous êtes de la famille à Wayne ?, demanda un gros homme barbu en salopette, une carabine à la main, le canon heureusement pointé vers le sol.
Mon père, notre voisin et mon oncle regardèrent l’arme, visiblement mal à l’aise. Le gros homme s’en aperçu.
– Oh s’cuser ! On ne sait jamais sur quoi on pourrait tomber par les temps qui courent. Mais entrez, entrez donc. Wayne est un bon voisin et j’imagine que sa famille aussi alors entrez.
Les trois hommes ne se le firent pas dire deux fois. Ils pénétrèrent directement dans la salle à manger de la maison. Il y avait beaucoup de monde. Un bébé dans une chaise haute et une femme qui semblait sa mère qui lui donnait à manger. Trois hommes entre la trentaine et la quarantaine avec des bières à la main étaient aussi assis autour de la table. Un berger allemand, silencieux mais sur ses gardes, retenu par son collier par une jeune adolescente d’environ quinze ans et deux femmes d’âge mûr en train de faire la vaisselle visiblement.
– Harriette !
Le gros homme se tourna vers mon père, mon oncle et Richard. Il devait avoir dans la soixantaine.
– C’est ma femme.
L’une des femmes en train de faire la vaisselle se tourna effectivement vers le gros homme.
– Paul, c’est qui ces hommes que tu fais entrer sans présentation dans ma maison ? Est-ce bien prudent ? Je ne les connais pas.
– T’inquiète Harriette, ils sont de la famille à Ron.
– Ah, lui répondit-elle. Mais elle ne semblait pas plus heureuse de cette nouvelle rencontre.
– Et pourquoi Ron n’est pas avec eux alors ?
Paul se tourna vers mon père pour entendre ses explications.
– Comme on ne savait pas sur quoi on tomberait, on a tous décidé qu’il resterait à la maison pour s’assurer que le restant de la famille soit en sécurité et pour assurer la survie du groupe si jamais…,
Mon père ne prit pas la peine de finir sa phrase. C’était inutile
– Ouais, je comprends, répondit Paul. Notre Wayne, il en connaît un rayon sur la botanique et sur la rénovation. Il a fait tout un barda avec sa maison ces derniers mois. J’imagine que c’était pour vous autres ? Il sera certainement en mesure d’assurer la survie de sa famille.
Paul avait quand même l’air légèrement suspicieux. Depuis qu’il était allé, peu de temps après le tremblement de terre, avec l’un de ses fils au bout de sa terre et qu’ils étaient tombés face à face avec un brouillard bizarre, puis sur des morceaux… disons humain ou animal, c’était dur à dire étant donné leur état, il trouvait difficile de faire confiance à des inconnus, même si ceux-ci disaient appartenir à la famille de son bon voisin Wayne. Il cru d’ailleurs voir un éclat d’acier luire derrière un pan de chemise de l’un des trois hommes qui se trouvait face à lui. L’inquiétude le prit. Il recula d’un pas et pointa son arme directement sur lui.
– Mon gars t’es mieux de me dire qu’est-ce tu caches dans ta chemise ou ben j’te trou la peau juste pour vérifier.
Les trois hommes assis à la table se levèrent d’un bond et sortirent également leur arme, de chasse semblait-il, de sous la table.
Aussitôt mon père, mon oncle et Richard levèrent les mains.
– Holà, holà, dit Richard. On n’est pas là pour faire du trouble. Louis montre leur ce que tu caches.
Mon oncle ne se le fit pas dire deux fois. Il sortit sa grosse machette de sous sa chemise. Mon père et Richard montrèrent également qu’eux aussi avait une arme sur eux : un couteau de chasse pour Richard et la carabine que mon père avait astucieusement placée dans son dos. Ils sortirent leur arme très lentement pour ne pas effrayer qui que se soit.
– Nous aussi on doit se montrer prudent, ajouta mon père.
– OK les gars, dit Paul. Venez-vous asseoir à table avec nous et conter nous votre histoire. Mais je vous avertis tout de suite, famille à Wayne ou pas, à la moindre incartade, je vous trou la peau et je vous donne à manger à mes cochons.
Mon père et ses amis firent ce qu’on demandait d’eux. Ils s’assirent donc à la table et racontèrent tout depuis le début. Voyant qu’ils étaient sincères, Paul raconta également sa version des faits. Puis il arriva aux détails plus… inquiétants.

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