L’épuisement de votre âme


Aujourd’hui, je voudrais vous parler d’un sujet bien particulier que l’on nomme burn-out ou épuisement professionnel, mais que moi je rebaptiserai plutôt épuisement de l’âme.

Voici d’ailleurs, un article parut ce matin dans La Presse par Marie-Claude Malboeuf : http://www.cyberpresse.ca/actualites/quebec-canada/sante/201110/24/01-4460674-depister-le-burnout.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_B4_manchettes_231_accueil_POS3

Pourquoi je vous parle d’épuisement ce matin ? Parce que je trouve que notre société actuelle, avec ses systèmes, ses règlements, ses changements, ses bouleversements, ses exigences, ses exploiteurs, ses profiteurs et ses dictateurs, amène les gens à s’épuiser lentement, tranquillement, mais sûrement. Aussi sûrement que l’hiver s’en vient. J’en parlais avec une personne chère à mon coeur en fin de semaine. Je l’ai trouvée épuisée et fatiguée. Pas déprimée, mais exténuée de sa vie. Et je comprenais tellement ce qu’elle vivait. J’ai essayé de la réconforter un peu et d’essayer de lui montrer des trucs que j’essaye moi-même en ce moment et qui marche pour moi je trouve. Bien qu’elle et moi ne soyons pas dans la même situation.

J’ai déjà vécu le burn-out, il y a 11 ans. Et à deux autres reprises, j’ai failli y replonger. Mais de par mon premier passage, je connais maintenant très bien mes limites physiques et mes limites émotionnelles. Je sais, je sens quand le bout du rouleau s’en vient et je prend alors les grands moyens pour ne pas y replonger parce que ce n’est pas une partie de plaisir de se sentir épuisée par notre vie, par nos responsabilités.

La première fois, il y a 11 ans, mon médecin m’a arrêtée deux mois et j’ai repris progressivement pendant deux semaines. Puis j’ai donné ma démission. Je ne pouvais tout simplement plus travailler à cet endroit. J’avais projeté sur mon emploi toutes les autres frustrations, fatigues et responsabilités accumulées de l’ensemble de ma vie à ce moment-là. Prendre l’ascenseur pour me rendre à mon étage de travail me donnait envie de vomir. Fallait que je passe par les toilettes avant de me diriger vers mon espace de travail pour respirer et me calmer. Cet emploi était devenu trop aliénant pour moi.

Un matin, pendant mon retour progressif, j’ai senti que s’en était trop. Je suis allée dans le bureau de la conseillère RH et je lui ai déballé mon sac pendant une bonne demi-heure et une boite de kleenex. Elle a compris que je ne faisais pas semblant et que vraiment je n’en pouvais plus. Elle m’a écouté patiemment et elle m’a aidé. Je suis partie et tout est allé pour le mieux après. Vraiment mieux. J’ai terminé la dernière session de Maîtrise qui me restait; je suis allée faire un voyage de deux semaines à Paris avec mon université; la moitié de mon voyage a été payée avec de l’argent en provenance du Ciel et grâce au bon travail passé de mon père et de la reconnaissance d’un ancien patron (merci encore); j’y ai rencontré une excellente copine avec qui j’ai tellement ri et que je vois encore aujourd’hui (peut-être moins souvent que je voudrais, mais la vie de famille et le travail, vous savez ce que c’est…); j’ai obtenu un bon stage rémunéré avec un emploi d’été au même endroit avant que mon stage commence; j’ai obtenu de bonnes notes. Bref, à partir du moment où j’ai décidé que s’en était assez, que cela suffisait de m’auto-flageller, qu’il était temps que je lâche complètement prise, TOUT c’est mis à bien aller. J’ai sauté dans le vide et je suis atterris sur un coussin de plume.

Vous savez, les maladies mentales de toutes sortes (dépression, burn-out, manie, etc.) sont encore très mal vues dans les entreprises. Si vous vous absentez un certain temps pour burn-out ou dépression ou que sais-je encore, vous aurez de la difficulté à revenir. À votre retour, vos patrons et vos collègues vous regarderont d’un autre oeil. Pour eux, vous faites semblant, c’est juste dans votre tête, vous voulez des vacances aux frais de la princesse. Pour eux, vous n’étiez pas malade, pour eux, vous êtes un profiteur. Mais c’est bien le contraire de ce que vous, vous ressentez. Vous vous êtes donné corps et âme pour votre famille, vos parents malades, vos enfants exigeants, vos amis, votre patron qui en demande toujours et toujours plus et qui ne prend pas la peine de valider avec vous. Vous vous pensiez irremplaçable. C’est bien ça le problème, vous donnez continuellement à tout le monde, sauf à vous. Vous vous êtes oublié, vous n’existez plus que dans les yeux des autres. Vous êtes devenu invisible pour vous-même, vous ne savez plus qui vous êtes, ne savez plus dans quoi vous êtes bons, ne savez plus ce que vous aimez, ni pourquoi vous vous en êtes rendu-là.

Vous êtes continuellement fatigué, exténué même sans raison apparente. Vous ne dormez plus ou très mal la nuit ou au contraire, vous pourriez dormir partout, tout le temps. Vous n’avez plus faim, ne mangez plus ou au contraire, vous avez toujours envie de manger. Alors soit vous maigrissez à vu d’oeil ou vous avez pris du poids parce que vous avez trop mangé de choses réconfortantes.

Vous êtes épuisé mentalement et pour se remettre à flot, votre esprit épuise votre réserve d’énergie physique. Vous n’êtes pas déprimé, vous n’avez pas d’envie suicidaire. Mais vous aimeriez tellement partir à l’autre bout du monde, sur une île paradisiaque et tout oublié de votre vie actuelle, juste pour avoir la paix, juste pour penser à vous, juste pour vous reposer. Juste pour dormir. Juste pour enfin penser à rien. Mais vous ne pouvez pas. Trop d’obligations, trop de responsabilités, trop de factures, trop d’enfants, trop de famille qui compte sur vous. Alors vous donnez, vous donnez de vous-même, encore et encore en n’écoutant pas les signaux d’alarme de votre esprit, de votre âme, ni ceux de votre corps parce que vous ne pouvez pas vous permettre de vous arrêtez et de penser à vous. Alors un jour, POUF !, vous tombez, vous tombez et vous n’êtes plus capable de vous relever.

Alors c’est la dépression majeure qui arrive avec ses gros sabots et là, vous ne pouvez plus l’ignorer. Parce que c’est ce qui arrive quand on ne s’entend plus, quand on ne s’écoute plus, qu’on continue, qu’on continue jusqu’à l’épuisement total de toutes ses réserves.

Si vous aviez écouté les signaux de votre burn-out, vous auriez pu vous en remettre en quelques mois, de un à six selon votre degré d’épuisement mental. Mais la dépression c’est une autre histoire, vous pouvez prendre deux ans pour vous en remettre. Et certains ne s’en remettent jamais et font dépression sur dépression.

Alors SVP ÉCOUTEZ-VOUS !!! Entendez vos signaux d’alarme, écoutez-les et LÂCHEZ PRISE avant qu’il ne soit trop tard.

Le burn-out ou épuisement professionnel n’a peut-être rien à voir avec votre travail. Il peut être qu’un prétexte, qu’un catalyseur du mal être que vous avez en vous, sous-jacent depuis quelques temps. Il peut être une partie du problème, mais c’est une partie parmi tant d’autres. Le problème c’est VOUS ! C’est vous qui donnez sans cesse, trop, tout le temps. C’est VOUS qui vous vous êtes oublié. Lâchez prise ! Cessez de vous prendre la tête avec ce que les autres demandent de vous. Cessez de vous prendre la tête avec ce que vous vous demandez à vous même. Vous n’avez pas à être responsable ou coupable de tout et de tout le monde. Vous n’êtes responsable que de la manière dont vous vivez votre vie, vous n’êtes responsable que des émotions que vous vous créez vous-même.

Soyez un canard, laissez le négatif couler sur votre dos sans vous atteindre. Faites-vous de votre mieux ? Donnez-vous votre 100% quand il le faut? Bon alors, arrêtez de vous en faire. Cessez d’en faire trop, d’en donner plus, encore et encore. Si ça ne marche pas une fois que vous avez fait ou donnez tout ce que vous pouviez, alors lâcher prise et arrêter d’en donner plus. Vous avez déjà tout donné et ça ne marche pas plus, pourquoi continuer ? Lâchez prise.

Votre patron est pas content ? Vous n’en faites plus assez selon lui ? Pourtant, vous lui avez tout donné par le passé et là, monsieur ou madame est pas contente parce que vous ne donnez plus 200 ou 300% ? Parce que vous êtes épuisé et que vous donnez juste 75, 80%, 100% dans le maximum d’une bonne journée. Je lui dit «Va te faire voir chez les grecs» à votre patron ! Crime de bine, vous êtes épuisé et là, il est temps que vous preniez soin de vous et laissiez faire votre patron et ses demandes incessantes. De toute façon, mémorisez bien ceci : VOUS N’ÊTES PAS IRREMPLAÇABLE (sauf dans la vie de vos enfants, mais ça c’est une autre histoire) ! Là journée où l’entreprise devra faire des coupures, ça se peut que cela tombe sur vous et cela même si vous aviez toujours excellé dans votre travail, même si vous étiez le ou la meilleure dans la place. Donc, PRENEZ SOIN DE VOUS ! Faites de votre mieux au travail, même si des fois votre mieux c’est 75% ou 50%. On peut pas être continuellement à 100% à tout moment ni à tous les jours. PRENEZ SOIN DE VOUS ! Ce n’est pas à votre patron de le faire, alors lui, laissez-le donc faire.

Une autre fois, un an après mon burn-out, je me suis retrouvée dans un autre emploi. Un emploi pas possible, vraiment problématique, vraiment négatif. Après ma première entrevue, j’ai obtenu ce poste, mais je me souviens qu’en retournant à ma voiture, je n’étais même pas contente. Inconsciemment, je devais savoir dans quelle merde je venais de m’embarquer. Il y avait continuellement un nuage noir au-dessus du département où je travaillais (métaphoriquement parlant bien sur). Il y avait beaucoup de conflits et d’agressivité sous-jacents dans ce département. Personne n’était heureux d’y venir travailler, ça se voyait, ça se sentait. Même à ma première visite de l’endroit, je l’ai sentie, mais je l’ai ignoré parce que j’avais besoin d’un emploi et que celui-ci était un bon avancement dans ma carrière et pour mon portefeuille. J’ai commencé à avoir des problèmes et à comprendre l’intensité de la négativité de ce département dès ma première semaine de travail. J’ai pourtant continué. Je me sentais capable, je sortais de l’université une maîtrise en poche, j’étais toute puissante. J’ai continué, j’ai donné mon 100% tous les jours, souvent mon 200%. Rien à faire, c’était toujours la galère. Je revenais chez moi, épuisée physiquement et psychologiquement. Je demandais de l’aide aux RH, à ma patronne, à des collègues. Ça donnait rien, soit ils ne faisaient rien pour m’aider et n’avaient pas de conseil à me donner, soit ils ne savaient pas quoi faire d’autres que m’écouter. Soit ils m’ignoraient. Merci à mon collègue Gilles qui m’a tant écouté, qui m’a aidé à ventiler. Mais il ne pouvait pas faire grand chose de plus, on n’était pas sur les mêmes quarts de travail et changer de quart n’aurait rien changé. Merci à mon père qui m’a tant dit de prendre mon pied, bien que j’en étais incapable à ce moment-là. J’étais laissée seule avec les problèmes dont je récoltais les fâcheuses conséquences, mais dont je n’étais pas la cause directe. Peut-être une cause indirecte en voulant en faire trop. Je n’étais pas parfaite, j’avais beaucoup à apprendre et j’ai appris à la dure.

On m’a jeté dans la fosse aux requins en me disant qu’on me donnerait des outils pour les tenir à distance, en me promettant des dauphins. Mais non, ce n’était que des fausses promesses. J’ai donc appris à nager parmi les requins, des requins voraces, tenaces, belliqueux et agressifs. Je les ai tenus à distance un certain temps, j’ai eu droit à deux ou trois dauphins grâce à mes affinités avec certaines personnes, je me suis fais mordre quelques fois, j’en ai blessé quelques-uns. J’ai survécu. J’ai tellement appris. Mais à la fin, je n’en pouvais plus de toute cette négativité. Donner tout ce que je pouvais ne donnait rien, demander de l’aide ne donnait rien. Alors un jour, j’ai donné un ultimatum à ma patronne. Je lui ai laissé un message sur son répondeur, chez elle, pendant qu’elle était en vacances : «Maryse, j’en peux plus, j’en ai assez. Ça suffit. Tu me changes de département à ton retour ou bien je m’en vais, je criss mon camp.» Et j’ai raccroché. C’était direct, droit au but, mais cela a fonctionné. Je suis tout de même restée dans le même département, physiquement, mais je ne m’occupais plus des mêmes choses. Là j’étais enfin en contrôle et je savais ce dont je parlais et ce que je faisais. Ce n’était pas le Pérou, mais c’était mieux qu’avant. La compagnie a été achetée, les coupures ont commencé, mon nouveau poste a été coupé et c’est une des meilleures choses qui me soit arrivée ! J’ai eu une prime de départ substantielle. Deux mois plus tard je me suis trouvée un super boulot, l’un de mes meilleurs, si ce n’est pas le meilleur. Et même si la paye n’était pas extra, cela ne faisait rien parce que je pouvais me permettre de travailler pour le plaisir à cause de ma prime de départ. Travailler uniquement pour le plaisir, sans penser à la paye… Vous ne savez pas combien ça peut être enrichissant, relaxant et gratifiant. Mais ça arrive si peu souvent.

Pourquoi croyez-vous que la psycho-pop, les prières aux anges, le Pouvoir, le Secret, les Facteurs d’attraction, les histoires de changement de dimension (de la 3e on passerait à la 5e prochainement), les histoires de fin du monde sont si attrayants par les temps qui courent ? Pourquoi le Printemps arabe ? Pourquoi les révoltes et les grèves et la manifestation en Europe (France, Londres, etc.) ? Pourquoi le Occupy Wall Street ? La classe moyenne, payeuse universelle, est en train de s’éteindre, pourquoi croyez-vous ? Avez-vous beaucoup de dettes ? Êtes-vous encore capable de vous payer des petits plaisirs ou vous en sentez vous coupable parce que vous devrez couper sur d’autres choses ? Trouvez-vous que le prix du pain et du lait a augmenté ? Trouvez-vous que votre facture d’épicerie a augmenté de manière outrancière ? Vous sentez vous pris à la gorge par vos responsabilités et obligations de toutes sortes ? Comment trouvez-vous le marché de l’emploi depuis quelques temps ? Avez-vous un emploi et vous satisfait-il suffisamment pour que vous aimiez aller travailler ? Ou au contraire, vous êtes entre deux emplois et bizarrement, vous n’avez AUCUNE envie de retourner travailler ? Pourquoi selon vous?

Je crois que le Monde est en burn-out. Je crois que les sociétés, et ce partout dans le monde ou presque, sont en épuisement physique et psychologique. Je crois que le Monde en a marre des dictateurs, des banquiers, des financiers, des gouvernements irresponsables, des voleurs, des profiteurs et des exploiteurs, des terroristes de tout acabit. Je crois que le Monde en a marre du bordel dans lequel il vit. Je crois que le Monde en a marre de travailler pour des clopinettes et de payer continuellement les moindres désirs et envies des ultra-riches qui ne pensent qu’à leur bien-être et à amasser toujours plus d’argent et se foutent de la merde dans laquelle ils font vivres les gens.

Je crois que le temps du Changement est venu. Moi, en tout cas, j’en ai assez de faire le mouton. Maintenant, j’attire à moi la prospérité, l’abondance, la liberté financière, la paix, le bonheur, l’amour et l’harmonie dans vie et je répands autour de moi tous les biens-faits que j’en récolte pour propager le plus de bonheur possible. Car je suis un canard et le négatif n’a pas de prise sur moi. Je me sens choisie et élue. Je suis reconnaissante du moindre petit brin de soleil, car le bonheur se retrouve dans les petits gestes et les petits plaisirs du quotidien. Je ne vois pas pourquoi je continuerais de me rouler dans la fange, je ne suis pas un cochon. Je suis fière de ce que je suis, je n’ai pas peur de mes opinions. Je marche droit debout, je me tiens droite, car je suis importante et je vais de l’avant. J’arrête de me plaindre et j’entreprends des actions positives et saines pour moi et mes proches. Maintenant, je prend soin de moi et je prend soin de ceux qui prennent soin de moi. Si je ne prend pas soin de moi, qui va le faire à ma place ? Personne.

Et Vous ?

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