Inspiration, leçon de vie et enfin… acceptation du deuil d’une vieille amitié


*** Attention, chers lecteurs et lectrices, vous trouverez cette chronique très intime. Mais sachez que parfois, même les sentiments les plus intimes doivent sortir publiquement pour que tout soit mis au clair et qu’on puisse passer à autre chose. C’est ce genre de chronique-là que vous vous apprêtez à lire.

Je vais ici reprendre mes propos tenus sur Facebook aujourd’hui : «Hier j’ai eu une leçon de vie. Quand une relation (amoureuse, amicale, professionnelle ou autre) n’est plus qu’à sens unique, il faut savoir lâcher prise sur cette relation, et ce, même si elle nous tenait à coeur. Pourquoi insister, persister et même harceler et se faire du mal à soi-même si nous ne comptons plus pour l’autre personne ? Prenez un grand respire et LÂCHEZ PRISE !»

Ces mots me sont venus suite à une situation que vit une amie en ce moment. Un ancien amoureux demeure transi et la harcèle de ses états d’âme et noirceur de sentiment. Il l’a texte, l’appele, lui laisse des messages, lui envoie des courriels et des commentaires sur Facebook et MSN et autres. Et ce, à un rythme soutenu de 20 à 50 fois par jour ! Elle a beau lui dire que c’est terminé, fini, nada, qu’elle ne veut plus rien savoir de lui, il semble ne rien comprendre. Ni du cul ni de la tête comme on dit. Comme il habite loin (heureusement pour elle !), pour l’instant, elle l’ignore la plupart du temps. Espérons qu’il finira par comprendre le message.

Bref cette situation m’a permis de mettre en perspective un autre genre de situation que je vivais intérieurement, n’ayant que peu de personne à qui faire part de l’ampleur de ma colère et de mon ressentiment. Malgré mon ouverture et ma tendance à dire et démontrer quand ça va pas, j’exprime très rarement l’ampleur de mes blessures et chagrins intérieurs. Ce que j’affiche n’est la grande majorité du temps que la pointe de l’iceberg. Je préfère gérer moi-même la partie submergée. Mais parfois, même le sous-marin doit remonter à la surface et c’est ce que je dois faire aujourd’hui pour alléger mon coeur de sa peine. Et vous me direz : «mais pourquoi ne lui demandes-tu pas directement ?» et je vous répondrai parce que l’envie n’y ait plus, que la peine est profonde et que si je ne mérite pas d’invitation à son mariage ou d’appel pour ma fête, bien je crois que ça ne vaut pas la peine que je lui demande directement pourquoi je ne fais plus partie de ses amitiés proches. Du top 3, au top 5, puis 10, je suis passée au top 100 ou pire, c’est vous dire. Pourquoi m’humilierais davantage à lui en parler si la dernière fois que je lui ai fait part de ma peine d’être mise au rencart, je n’ai reçu AUCUNE réponse. Alors…

Une vieille amitié s’est terminée et j’avais de la difficulté à le digérer. En fait, cela fait surement plusieurs, plusieurs mois déjà qu’elle est terminée (peut-être même entre 1 et 2 ans), simplement que je n’arrivais pas à lâcher prise, car malgré le froid et la distance qui s’étaient installés entre nous, cette amitié comptait beaucoup pour moi. C’est un grand pan de mon histoire, de mon vécu que je devais ranger et clore définitivement, classer dans un recoin où il ne restera que des souvenirs poussièreux. Je n’arrivais pas à le faire, je n’arrivais pas à faire ce deuil, le deuil de cette amitié qui a tant compté pour moi et ce, pendant si longtemps.

À chaque fois que j’y pensais cela me peinais et me mettais en colère. Comment cette personne osait-elle me traiter de cette façon ? Faire comme si je n’existais plus, comme si je ne comptais plus pour elle ? Comment et pourquoi tout cela était-il arrivé ? Avais-je dis ou fais quelque chose de répréhensible ? Avais-je été trop «bitch» lors de nos dernières conversations ? J’aime bien parfois prendre la part du diable pour susciter la conversation, mais c’est rarement dans l’intention de mal faire ou de nuire. Parfois juste pour piquer et voir la réaction et ensuite partir un débat plus en profondeur pour éclaicir davantage l’histoire. Peut-être avais-je été trop loin sans m’en rendre compte ? Mis à part le temps qui passe, les différences qui s’accumulent et les changements de vie, y avaient-il autres choses ? Ou si c’était juste que nous étions maintenant rendues dans des univers trop séparés et différents l’un de l’autre ? Je n’arrivais pas mettre le doigt dessus. Je n’y arrive toujours pas d’ailleurs puisque je suis laissée dans le noir ou le blanc ou le néant. Je ne suis pas harcelante. Je lui ai fait une montée de lait une fois pour son manque de délicatesse et ma mise au rencart que je jugeais injustifiée et surtout incompréhensible. Mais ça n’a servit à rien, je n’ai même pas eu de réponse de sa part. Mon ami(e) a du se dire que ça ne valait pas la peine de m’éclairer si je n’avais pas compris. C’était il y a un an, peut-être même deux. C’est vous dire comme le temps passe vite.

Ces derniers temps j’y ai pensé encore plus que d’habitude. Comme je le disais, malgré notre éloignement, je tenais beaucoup à mon ami(e). Il/Elle a grandement contribué à faire de moi ce que je suis. Malgré la distance et l’éloignement réciproque (qui vient autant de mon ami(e) que de moi), je tenais mordicus à conserver dans mon coeur le fil ténu qu’était devenu notre amitié. J’étais incapable de lâcher prise sur cette amitié, à ce fil de mon passé. Ce même ami(e) se marie prochainement, le mois prochain en fait. Je ne connais pas sa personne aimée, n’ayant vu que des photos sur Facebook. Très différent(e) de ses anciennes relations, mon ami(e) semble avoir enfin trouvé chaussure à son pied en cette personne aimée. Tant mieux pour eux, je suis bien heureuse de leur bonheur. Je leur souhaite un mariage joyeux et remplis de petits bonheurs qui rendent le quotidien si agréable à vivre à deux. Mon problème, mon ressentiment ne vient pas de là, je ne suis pas jalouse de leur amour car je suis très heureuse en ménage avec mon tendre aimé. Je t’aime chéri, car je sais que tu me lis xxx.

Non mon ressentiment vient du fait que je n’ai pas été invitée… alors qu’il reste moins d’un mois avant leur date fatidique. Quand mon ami(e) m’a parlé de son futur mariage, il y a 1 an, il/elle ne m’a pas dit non plus que je recevrais une invitation. J’ai cru alors, naïvement peut-être, que c’était un simple oubli dans la conversation. Et là, maintenant, je comprend bien que je n’ai pas été invité sciemment. Peut-être font-ils un mariage très intime. Peut-être que sa personne aimée ne peut pas me cadrer en photo, peut-être n’a-t-il/elle pas aimé l’influence que j’ai pu avoir sur mon ami(e) dans le passé alors qu’ils ne se connaissaient pas encore. Peut-être. Je peux parfaitement comprendre si c’était le cas. Mais j’aurai apprécié un petit courriel, même un petit commentaire Facebook (puisque maintenant je ne mérite plus d’appel, même pour ma fête) pour me dire : «amie, tu n’es malheureusement pas invitée à mon mariage parce que xyz». Mais non, rien, nada, aucun signe de vie. Je suis devenue persona non grata et je dois me faire une raison. C’est peut-être de ma faute et je le sais pas ! Peut-être que mon ami(e) se dit : «elle a fait si, elle a dit ça, on est trop différent maintenant, elle m’a ignoré ou n’a pas été là à tel moment, son amitié j’y tiens pas tant que ça finalement». Ou peut-être que pour mon ami(e) c’est rien et que je fais une montagne pour des riens. Je le sais pas, je ne sais rien. Je suis dans le noir, dans le blanc, dans le néant.

Jusqu’à ce matin, j’avais beaucoup de colère à cause de cette mise au rencart volontaire ou non. Je sais que notre amitié n’était plus ce qu’elle était dans ses belles années. Nous avons tous les deux commis des actes qui ont surement accéléré la pente descente de cette amitié. Mais autres temps, autres moeurs comme on dit. Et aujourd’hui est un autre temps. Mais grâce à l’amoureux transi de mon amie, la colère et le ressentiment sont passés. Il m’a donné une leçon de vie. Il ne me reste maintenant que ma peine, que le deuil de notre amitié déchue. Et cela, je devrai le vivre seule, car tu n’es plus là depuis belle lurette déjà, c’est juste que je n’étais pas encore prête à l’accepter.

Alors sache ceci ami(e), si d’ici ton mariage tu ne trouves pas le temps ni l’envie de me fournir une explication, si mince soit-elle, par téléphone, par texto, par courriel ou par Facebook, je clorai définitivement notre amitié. Et je te rayerai de mes amis(es) Facebook également. De toute façon, c’est ce que j’étais rendue pour toi, une amie Facebook et je n’ai pas envie d’être une amie Facebook pour toi, c’est une insulte, un affront à la sincérité de notre amitié passée. Passer de meilleure amie, à amie proche, à vieille amie, à lointaine amie, et maintenant amie Facebook est comme une claque dans la figure qui m’a pris du temps à digérer. Tu n’es plus mon ami(e), car l’ignorance dans laquelle tu me laisses me blesse depuis trop longtemps déjà. Ceci est un adieu mon ami(e). Je n’ai pas de rancune ni de ressentiment envers toi. Simplement, notre amitié s’est terminée. Ses braises qui ont jadis été si ardentes se sont éteintes et cela me fait trop de chagrin que d’en contempler les cendres, ne fussent que sur Facebook. Beaucoup de bonheur à ton nouveau couple marié, beaucoup de santé et aussi de prospérité. Je veux seulement ton bonheur… et le mien.

Peut-être liras-tu mon blogue et mon adieu ou peut-être pas. Je n’ai pas à te relancer une autre fois, le désir n’y est plus. Cela fait trop longtemps maintenant que mon amitié ne fait plus partie de tes priorités. J’ai plusieurs défauts, mais je suis loyale en amitié et cette-ci s’en est trop. Trop d’affronts, trop d’ignorance, trop de pas de temps, trop de distance, trop de différences. Adieu mon ami(e) et sois heureux.

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11 réflexions sur “Inspiration, leçon de vie et enfin… acceptation du deuil d’une vieille amitié

  1. Merci pour ce très beau texte ! Je me reconnais beaucoup dedans. J’ai eu une amie dont j’ai été proche pendant des années (tout le temps fourrées ensemble, beaucoup de soutien mutuel), et en l’espace d’un an, sans que je comprenne vraiment pourquoi, je semble avoir été évincée de sa vie. Dans ces moments-là, je trouve que la confiance en soi et la capacité à faire confiance aux autres en prennent un sacré coup. J’essaie de ne pas trop y penser car cela continue de me faire de la peine.

    1. Merci 🙂
      Je comprend ce que tu vis. Peut-être aussi que ton amie vis des choses en ce moment qui l’éloigne de toi. Parfois il faut laisser à l’amitié prendre un peu de distance. Parfois, l’amie revient quand elle est prête. Et parfois non. Et parfois elle revient et finalement c’est nous qui ne voulons plus.
      Essaie de discuter avec elle si c’est possible. Sinon et bien, il semble que certaines amitiés prennent fin sans qu’on y comprenne rien. C’est triste.

  2. C’est effrayant à quel point je me retrouve dans ce que tu écris… Pourquoi les séries et autres films ne nous présentent pas les choses comme ça vu qu’on est tant à traverser cette épreuve??
    Enfin, toi ton deuil, presque 2ans après, est-il fait? car moi environ à la même période j’ai vécu la même chose, ça pèse surement moins lourd, mais à certains moments, ça fait mal, très mal!

    1. Mon deuil est-il terminé ? Un deuil a-t-il jamais une fin ? Non, il n’est pas terminé, mais il est moins intense. J’y pense encore très souvent. J’en ai rêvé justement il y a deux semaines. Je rencontrais mon ami(e) dans un lieu hors du temps et de l’espace. Il/elle se demandait pourquoi j’avais rompu le lien qui nous liait l’un à l’autre. Pourquoi je voulais rompre notre amitié. Je lui ai expliqué et fait comprendre que le retour en arrière n’était plus possible. Malgré ses excuses et ses belles paroles,(car j’avais fini par lui parler directement et il/elle m’avait donné entièrement raison et il/elle s’était sincèrement excusé), la blessure était trop profonde. C’est bizarre en fait, car c’est lorsque mon ami(e) s’est excusé il y a deux ans que j’ai pu rompre le lien qui nous unissait. Alors que j’en étais incapable avant. J’avais lâché prise lors de mon mot sur mon blogue, mais le lien était toujours là.

      Et lors de mon rêve, j’ai du expliquer à mon ami(e) pourquoi j’avais rompu le lien, car il/elle pensait que ses excuses avaient pansé la blessure sur notre amitié. C’est comme si deux ans plus tard, il/elle avait voulu se tendre vers moi grâce à notre lien de jadis (comme un fil qui nous reliait l’un à l’autre), constaté que le lien avait disparut et était venu me contacté, catastrophé(e) et confus, dans le monde onirique.

      Alors non, le deuil n’est pas terminé. Mais pour moi cette relation amicale est terminée. Et bien que mon ami(e) me manque parfois, je ne veux plus de notre amitié. Nous n’avons pas su l’entretenir correctement, j’en vois les cendres froides et desséchées, et je n’ai pas envie de rallumer la flamme de jadis. Cette flamme est révolue pour moi.

      Il y a des films qui parlent des liens rompus avec le temps. Je n’en ai pas qui me vienne à l’esprit, mais il y en a surement. Ou sinon, écrit-le toi ce scénario, ça pourrait être bien 🙂

      Merci de me lire.

      1. Merci énormément pour ta réponse! J’avais espéré qu’à un certain point on n’y pense plus du tout… Mais apparemment non, faudra juste que j’apprenne avec ou plutôt sans!

      2. Non, on pense toujours aux êtres qui nous ont marqué profondément. Simplement, la douleur se fait moins forte et fini parfois peut-être par disparaitre complètement. Pour alors laisser la place aux bons souvenirs.

        Mais les pensées, elles, demeurent présentes à jamais je pense. C’est simplement l’intensité de l’émotion créée par ses pensées qui varient. Et puis les souvenirs c’est important, ils font parties de ce nous sommes comme personne. Il faut aussi se donner du temps pour accepter et gérer le changement. Et surtout, il faut être compatissant et gentil envers soi-même. On a le droit d’avoir de la peine ou d’être en colère. C’est ce qui nous rend vivant. Quel intérêt aurait la vie si nous ne ressentons rien ? Nous serions alors comme des robots. Quel intérêt de vivre la vie alors ? On n’a pas besoin d’être parfait, seulement d’être nous-même. On peut améliorer les choses et essayer d’être une meilleure personne. Mais au bout du compte, le plus important c’est de s’accepter tel que l’on est et de s’aimer soi-même. Sans cela, il nous est impossible d’aimer et d’accepter les autres, qu’ils soient différents ou semblables à nous en reflétant ce que nous sommes.

  3. C’est vrai que lâcher prise n’est jamais facile et c’est vrai que ton article fais du bien, car on voit qu’on n’est pas seuls dans ce monde à avoir ce fichu problème d’avoir de la difficulté à lâcher prise. Faut pas lâcher sur le la leçon de vie du lâcher prise ;-)!

    1. En effet Isabelle, lâcher prise c’est pas facile. C’est dur parce que cela nous confronte à l’inconnu. C’est comme faire un saut dans le vide et des fois, il n’y a pas de parachute ou d’élastique pour te retenir.

  4. Ah comme je te comprends. J’étais en deuil moi aussi il n’y a pas si longtemps, j’en ai fait un article… et le tien, il tombe à point. Je me disais, comment se fait-il qu’à 27 ans je n’ai pas encore compris cela? Mais je me sens moins seule te lisant et j’en avais bien besoin. Alors, merci beaucoup Aragonne.

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