Une nouvelle aube – Première page – Modifiée


*** Veuillez prendre note que toute vraisemblance avec des personnes réelles n’est que le fruit de votre imagination et de la mienne. Comme dans la quatrième dimension, la réalité a été déformée, alors ne vous sentez pas lésés par les excentricités des personnages.

J’avais deux ans, presque trois quand c’est arrivé. Ma sœur, qui avait six ans à l’époque m’en a raconté quelques bribes, mais c’est mon père qui m’a raconté comment cela c’était passé, il y si longtemps maintenant. Curieusement, ma mère aborde rarement le sujet. Je crois que cela suscite encore en elle trop d’émotions qu’elle ne peut pas bien maîtriser. Pour elle, le jour d’avant n’existe plus et il faut se concentrer sur notre existence de maintenant. Mais moi, je voulais savoir, je voulais me souvenir. Alors mon père me conta notre histoire.

C’était le milieu de la nuit, quelque part au 21e siècle. On ne compte plus le temps qui passe de la même manière maintenant alors je ne sais pas exactement quelle date c’était. Plusieurs centaines de milliers de personnes éparpillées partout sur la Terre firent le même cauchemar. Cependant, personne ne garda de souvenir réel de ce cauchemar. Il ne resta à ces gens qu’un sentiment d’urgence les incitants à quitter leur maison, leur foyer, leur ville. Toutefois, quelques-uns d’entre eux reçurent dans ce rêve l’endroit où ils devaient se rendre pour être en sécurité. Mais ils devaient faire vite, car peu de gens échapperaient à l’inévitable destin de l’humanité. Heureusement, ma famille fit partie des élus.

Quelque part dans une grande ville du Québec, dans le Canada d’alors, ma famille dormait sagement. Comme les uns et les autres éparpillés aux quatre coins du monde, mon père et ma mère, Sylvain et Geneviève, se réveillèrent en sursaut et se regardèrent immédiatement dans les yeux. Ils étaient encore imprégnés de la peur engendrée par leur cauchemar commun. Comme des milliers d’autres personnes sur Terre. Ma sœur Sophie m’a raconté qu’on s’était réveillé à peine quelques secondes plus tard. Nous étions en pleurs toutes les deux et on réclamait nos parents à grand cris hystériques. Ma mère et mon père se levèrent immédiatement pour aller nous rassurer et vérifier que tout allait bien. Ils tentèrent en vain de nous calmer. Mais au bout de plusieurs minutes, ils réussirent à les apaiser suffisamment pour que nos pleurs cessent enfin. Moi, Chloé, je n’avais pas encore trois ans, je fus la plus difficile à rassurer.

Sur ces entre-faits le téléphone sonna, ce qui eu pour effet de nous effrayer de nouveau. Il était deux heures du matin, qui pouvait bien appeler à cette heure ? Sylvain, mon père, maugréa contre ce dérangement inopportun, mais il se doutait qu’à cette heure cela ne pouvait qu’être grave. Cela ne pouvait être selon lui que le décès d’un membre de la famille, peut-être son beau-père (notre vieux papi qui aurait cru qu’il vivrait si longtemps ?), dont la santé périclitait depuis plusieurs années déjà.  La peur au ventre, sachant que ma mère en serait très affectée, il répondit. Ce n’était pas le CHSLD, mais la mère de ma mère[1]et elle avait un ton très alarmé au bout de la ligne. Mon père n’était pas certain de comprendre tout ce qu’elle lui disait. Elle lui racontait qu’elle avait fait un horrible cauchemar et qu’ils devaient absolument quitter la maison. Ils devaient remplir la voiture avec le plus de nourriture et d’eau possible et ils devaient partir au plus tôt, que cela ne pouvait pas attendre au matin. Sylvain était assez abasourdi du fait que sa belle-mère l’appelle en plein milieu de la nuit pour lui demander de quitter sa maison. Bien qu’il soit tout de même soulagé que personne ne soit mort, cela l’inquiétait que sa belle-mère ait fait un rêve similaire au sien. En temps normal, il aurait tout de suite passé le téléphone à sa femme qui savait mieux gérer que lui les demandes et questions farfelues de sa mère. Il tourna son regard vers elle. Elle en avait encore plein les bras avec ma sœur et moi. On n’était  pas facile à calmer et la sonnerie du téléphone avait semble-t-il augmenté notre panique. Il était évident qu’elle ne pouvait pas gérer en plus la paranoïa de sa mère. Mon père prit donc une grande respiration, la patience et le calme n’étaient pas ses points forts, pas plus qu’aujourd’hui d’ailleurs, et il s’apprêtait à lui répondre qu’il était deux heures du matin, que les petites étaient en crise et qu’il n’avait pas de temps à perdre avec ses élucubrations. C’est du moins ce qu’il aurait voulait dire.


[1] Chère mamie… paix à son âme. Elle ne vécu pas longtemps avec nous dans le nouveau monde. Malgré mon jeune âge à l’époque, je me souviens parfaitement d’elle. Je crois qu’une fois qu’elle avait compris que sa famille vivrait et serait en relative sécurité, elle ne supporta plus les exigences de ce monde si différent. Elle avait fait son devoir de prophète comme elle aimait si bien nous le répéter. Un jour, elle s’endormit sur le banc près des rosiers et ne se réveilla plus. On l’enterra près de ses fleurs. Parfois, je crois encore l’apercevoir en train de les sentir et de les arroser. Elle veuille toujours sur nous, j’en suis certaine. 

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5 réflexions sur “Une nouvelle aube – Première page – Modifiée

  1. Est-ce que je dois attendre ton prochain rêve pour avoir la suite ? Une page par rêve?je ne suis pas aussi patiente!! Très intriguant tu réussis à capter ma curiosité ainsi que celle de tous
    les amants de la lecture, j`en suis sure.

    1. Un seul rêve pour cette nouvelle, mais je ne peux pas l’écrire d’un trait, je suis trop occupée par les enfants, la vie conjugale et familiale, etc. Alors une page de plus de temps en temps pour susciter l’intérêt continu du lecteur.

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